Cancer du poumon : la FDA autorise l’anti-EGFR osimertinib en première ligne

Aude Lecrubier

22 mai 2018

Silver Spring, Etats-Unis—Aux Etats-Unis, l’inhibiteur de tyrosine kinase osimertinib (Tagrisso®, AstraZeneca) est désormais autorisé en première ligne dans le cancer du poumon non à petites cellules métastatique avec une mutation EGFR[1].

Jusqu’ici l’anti-EGFR de deuxième génération était utilisé après échec thérapeutique et développement de mutations avec les anti-EGFR plus anciens comme le gefitinib, l’erlotinib et l’afatinib.

Les mutations du récepteur à l’EGF sont retrouvées chez environ 15% de patients atteints de ce type de cancer en Occident et ce taux grimpe à 35% dans les pays asiatiques. Chez ces patients, les inhibiteurs d’EGFR sont supérieurs à la chimiothérapie en première ligne de traitement. La survie sans progression obtenue avec les anti-EGFR de première génération est de près d’un an comparé à 5 mois avec la chimiothérapie standard. Les anti-EGFR sont donc le traitement de première ligne de référence dans le cancer du poumon non à petites cellules localement avancé ou métastatique avec une mutation EGF-R.

La suite logique des résultats de l’étude FLAURA

L’extension d’indication repose sur l’étude FLAURA, présentée au congrès annuel de l’ ESMO en septembre dernier et publiée simultanément dans le New England Journal of Medicine (NEJM). L’essai qui a porté sur 556 patients a montré que la survie sans progression des patients sous osimertinib était en moyenne de 18,9 mois versus 10,2 mois avec les anti-EGFR de première génération (voir L’osimertinib bientôt en première ligne dans le cancer du poumon muté EGFR ?).

 « L’osimertinib améliore significativement la survie sans progression sans apparition d’un signal de sécurité inattendu comparé aux générations antérieures d’anti-EGFR », a commenté le Pr Sureh Ramalingam (Winship Cancer Institute, Université Emory, Atlanta), auteur principal de l’essai, dans un communiqué[2].

« Les anti-EGFR de deuxième génération comme l’osimertinib inhibent de façon plus puissante les cibles EGFR par rapport aux anti-EGFR historiques. Ils permettent probablement d’éviter l’émergence d’un certain nombre de résistances », a expliqué le Pr Maurice Pérol (Responsable de l’oncologie thoracique, département de cancérologie médicale, Centre Léon-Bérard, Lyon) lors des « Matinales de l’oncologie » organisées par le laboratoire AstraZeneca le 26 avril dernier.

« Nous avons fait l’hypothèse que l’osimertinib qui cible les mutations d’EGFR et les mutations de résistance de type T790M serait associé à des meilleurs résultats » a expliqué le Pr Ramalingam lors de la présentation des résultats.

Une hypothèse gagnante qui a permis l’extension d’AMM en première ligne octroyée par la FDA. Toutefois, l’intérêt d’utiliser plutôt l’osimertinib en première ligne d’emblée ou après échec d’un autre anti-EGFR reste une question ouverte.

« Je pense que la plupart des médecins vont switcher pour l’osimertinib en première ligne pour exposer 100% des patients au traitement le plus efficace. Si l’on attend la survenue d’une résistance, on n’est pas sûr que cette résistance sera sensible à l’osimertinib – cela correspond seulement à la moitié des cas. Et dans le même temps, certains patients bénéficieront plus du traitement séquentiel…Comme il est impossible d’anticiper les mécanismes de résistances, c’est une question compliquée » avait expliqué le Pr Pérol à Medscape édition française lors du congrès européen.

Du côté de l’Europe et du Japon, la demande d’extension d’indication est en cours d’évaluation et des décisions sont attendues dans les mois qui viennent.

 

 

 

 

 

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