ACC 2018 : les résultats d’ODYSSEY feront-ils de l’alirocumab un blockbuster ?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

9 mars 2018

Orlando, Etats-Unis— Le 67ème congrès annuel de l’American College of Cardiology (ACC) débutera avec l’annonce de résultats importants sur les anti-PCSK9,  a indiqué le Dr John Mandrola (Louisville, Etats-Unis), cardiologue et éditorialiste pour Medscape.com, dans son tour d’horizon sur les essais attendus cette année.

Samedi, le Pr Gabriel Steg (hôpital Bichat, Paris, France) présentera les données de l’essai ODYSSEY-CV OUTCOMES[1], un essai contrôlé randomisé évaluant l’anti-PCSK9 alirocumab (Praluent®, Sanofi/ Regeneron) contre un placebo chez des patients ayant été récemment victimes d’un infarctus du myocarde (IDM) et qui ont un LDL-cholestérol qui n’est pas à l’objectif du 0,7 g/L sous traitement maximal toléré par statines.

Pour rappel, l’année dernière, la présentation de l’essai FOURIER avait montré que l’anti PCSK9 evolocumab (Repetha®, Amgen) réduisait les événements cardiaques non-mortels sans changer la mortalité globale[2].

L’avenir des anti-PCSK9 en jeu

En dépit de la baisse importante de cholestérol LDL obtenue avec les anti-PCSK9 et des résultats des essais cliniques, jusqu’ici, les anti-PCSK9 n’ont pas rencontré le succès escompté au niveau mondial. En 2016, le chiffre d'affaires de Repatha® et du Praluent® ont été relativement décevants, respectivement 141 et 105 millions d'euros.

En cause ? Bien sûr, leur coût élevé mais peut-être aussi des effets jugés trop modestes sur les événements cardiovasculaires, avance le Dr Mandrola.

Pour l’instant, l’effet des deux anticorps sur la morbidité et la mortalité cardio-vasculaires n’a pas encore été clairement déterminé et leur place dans la stratégie thérapeutique de l’hypercholestérolémie isolée et de la dyslipidémie mixte reste à définir.

En raison de ces incertitudes, en France, les deux anticorps sont uniquement remboursés en association à un traitement hypolipémiant optimisé chez les patients adultes ayant une hypercholestérolémie familiale hétérozygote, insuffisamment contrôlée et nécessitant un traitement par LDL-aphérèse.

Les résultats de l’essai ODYSSEY apporteront des réponses, ils sont donc très attendus. Si l’alirocumab montre la même petite baisse des événements cardiaques sans impacter la mortalité, le prix des anti-PCSK9 sera surement revu à la baisse, indique le Dr Mandrola.

En revanche, « si ODYSSEY montre une baisse importante des événements cardiaques et diminue la mortalité, les anti-PCSK9 pourraient devenir des blockbusters », explique-t-il.

 
Si ODYSSEY montre une baisse importante des événements cardiaques et diminue la mortalité, les anti-PCSK9 pourraient devenir des blockbusters  Dr John Mandrola
 

FOURIER/ ODYSSEY-CV OUTCOMES : des protocoles différents

Le cardiologue américain rappelle qu’il existe des différences importantes entre les essais ODYSSEY et FOURIER.

ODYSSEY a un suivi plus long que FOURIER (suivi médian 2,2 ans). Il s’agit d’un point important puisque la baisse des événements cardiaques associés à celle du LDL cholestérol n’est pas immédiate.

Aussi, dans ODYSSEY, les objectifs de LDL-C sont de 50 mg/dL versus <85 mg/dL dans FOURIER. Les baisses de LDL-C attendues seront donc très probablement supérieures à celles obtenues dans l’essai FOURIER.

Enfin, le critère primaire d’évaluation de l’essai ODYSSEY associe décès, IDM, AVC ou hospitalisation pour angor instable alors que dans l’essai FOURIER, des critères « moins durs » comme la revascularisation coronaire ont été pris en compte.

 

Le Dr John M. Mandrola a des liens d’intérêt avec Medtronic Inc.

 

 

 

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