Le FDA autorise le 1er traitement spécifique des cancers du sein BRCA mutés

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

17 janvier 2018

Silver Spring, Etats-Unis-- L’agence américaine du médicament, la FDA, vient d’autoriser le premier traitement spécifique des cancers du sein porteurs d’une mutation BRCA (10 à 15 % des cancers du sein de tous types). Il s’agit de l’olaparib (Lynparza®, AstraZeneca), déjà indiqué dans le cancer de l’ovaire avec mutation germinale BRCA. Pour la FDA, cette AMM montre l’intérêt de développer des traitements qui ciblent les mutations génétiques quelle que soit la localisation du cancer.

L’olaparib appartient à la classe des anti-PARP. Il agit en inhibant les enzymes poly(ADP-ribose) polymérases (PARP) dont le rôle est de réparer les erreurs qui surviennent lors de la réplication de l'ADN quand les cellules se multiplient. Ici, son action s'additionne à celle des cellules BRCA mutées qui ne sont plus capables de réparer les mutations de l'ADN via les enzymes BRCA-1 et 2. Résultat, l'accumulation des erreurs au niveau de l'ADN des cellules tumorales entraîne leur mort.

L’étude OlympIAD en bref 

Le rapport bénéfice-risque de l’olaparib dans le cancer du sein a été démontré dans l’essai randomisé OlympIAD présenté au congrès de l’ASCO 2017.

Population :  302 patientes atteintes de cancer du sein métastatique HER2- et porteuses d’une mutation germinale BRCA.

Protocole  : olaparib (300 mg/2x/j ; n=205) ou chimiothérapie standard au choix des investigateurs (capecitabine, vinorelbine ou eribuline ; n=97).

Principaux résultats : Après un suivi moyen de 14 mois :

- risque de progression du cancer abaissé de 42 % avec olaparib vs chimiothérapie (p=0,0009) ;

- temps moyen avant progression de 7 mois avec olaparib vs 4,2 mois avec chimiothérapie ;

- taux de réponse complète de 60 % en moyenne avec olaparib vs 29 % avec chimiothérapie ;

-les effets secondaires graves (stade ≥3) étaient moins fréquents avec l'olaparib (36,6 % vs 50,5 %,) et les sorties d'études moins nombreuses (4,9 % vs 7,7 %), d’où un gain cliniquement significatif en qualité de vie pour l’olaparib par rapport à la chimiothérapie.

 

 

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