Fêtes de Noël : et si plutôt que de demander plus aux soignants, les ARS anticipaient

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

29 décembre 2017

En France – et plus particulièrement en Ile de France – vacances de Noël rime chaque année avec fermetures de services (du fait de congés des personnels paramédicaux et médicaux), recours plus fréquents aux urgences (par absence des médecins traitants) et, généralement, épidémies (grippe et gastro-entérite).

Cette année, la situation est une nouvelle fois devenue critique à l’occasion du week-end prolongé de Noël en raison des hasards de calendrier – week-end, Noël et vacances scolaires – et de l’épidémie de grippe qui a gagné la France.

Les soignants à bout

Medscape.fr s’est entretenu avec des médecins qui ont choisi de rester présents entre Noël et le jour de l’an à leurs cabinets ou dans leurs hôpitaux : ils parlent de « grippés en masse », de « personnes âgées pris en charge en EHPAD et n’ayant pas d’autres recours que les urgences », de « patients en attente de place en réanimation depuis plus de 12 h », mais aussi de « patients qui consultent principalement pour obtenir un arrêt de travail pour la semaine », de « personnes qu’ils ont déjà vu avant Noël mais qui n’ont pas été chercher les médicaments à la pharmacie de garde », « de consultants agressifs, disant « vous êtes là pour ça ! » quand vous tentez de leur expliquer qu’il y a de l’attente parce que les médecins ne sont pas en nombre »…

Une cadre de pôle Urgences-Soins intensifs-Réanimation explique « chaque année c’est pareil. La direction nous dit : « il faut donner les vacances prévues avant la fin de l’année ». Alors on planifie de fermer des services entiers pour que ceux qui le souhaitent puissent passer les fêtes en famille. Mais, quasiment toutes les années, on doit faire face à une situation de crise qui dure au moins 10 jours. L’an dernier, les médias ont relayé nos difficultés vers la mi-janvier quand la grippe est venue compliquer les choses. Or, l’épidémie de grippe a débuté particulièrement tôt cet hiver et les services de soins aigus et de gériatrie sont déjà en forte difficulté. On héberge en chirurgie où peu d’interventions avaient été programmées à cette période… mais les soignants manquent ».

Rappeler du personnel

L’ARS Ile de France a adressé aux hôpitaux un courrier le 26 décembre expliquant « ce week-end prolongé a été particulièrement difficile sur la filière des soins critiques avec des difficultés importantes à orienter les patients les plus graves. Nous vous remercions de vouloir prendre les mesures suivantes :

  • « fluidifier autant que possible des services en aval des réanimations adultes ;

  • ouvrir les lits au maximum de leurs capacités en rappelant du personnel si nécessaire ;

  • transformer dans la mesure du possible les lits de réveil post-opératoire en lits de réanimation ;

  • mettre à jour deux fois par jour le logiciel de disponibilité des lits ».

L’ARS ajoute qu’elle « espère que les tensions, essentiellement sur la grande couronne, vont s’apaiser et vue du prochain week-end prolongé ».

Il faut croire que les agences sanitaires en sont plus à espérer une accalmie et une mobilisation des soignants qu’à anticiper une situation qui se répète pourtant – avec des hauts et des bas – chaque année depuis 10 ans.

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