Endométriose : nouvelles recommandations CNGOF-HAS pour la pratique clinique

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

17 janvier 2018

 

Saint-Denis, France --- Actualisation : Ainsi que nous l’annoncions il y a un mois, la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) viennent d’actualiser les recommandations relatives à la prise en charge de l’endométriose. « L'objectif est de permettre à chaque femme de bénéficier d'un parcours de soins homogène, coordonné et optimal, avec comme facteur clé l'information des patientes » indique le communiqué de la HAS. Les recommandations sont consultables ici. Par ailleurs, un document à destination du grand public est en cours d'élaboration par les associations de patientes ayant participé aux travaux.

 

Bientôt de nouvelles recommandations pour l’endométriose

Paris, France / 15 décembre 2017 — A la demande de la Haute autorité de santé (HAS), le Collège national des gynécologues et obstétriciens Français (CNGOF) a réactualisé les recommandations pour la pratique clinique relatives à l’endométriose – les précédentes dataient de 2006. Dans l’attente d’une validation définitive par la HAS, le Pr Xavier Fritel (service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction, CHU de Poitiers) a présenté les points-clés de ce texte, qui portent sur le diagnostic et la prise en charge pluridisciplinaire, à l’occasion des dernières Journées du CNGOF.

Prise en charge si présence de symptômes

« L’endométriose reste bien mystérieuse », a reconnu le Pr Fritel en démarrant son exposé. Multifactorielle, elle est définie par la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine. Ce tissu, dont les cellules ont des capacités d’invasion des organes, est à l’origine de saignements, d’inflammation et de douleurs. « Mais pas systématiquement, et c’est ce qui rend les choses compliquées avec cette maladie : elle n’est pas toujours pathologique, ajoute-t-il. Par ailleurs, même si cela peut sembler contre-intuitif, l'endométriose n’est pas ou peu évolutive ».

De fait, « on ne prend en charge l’endométriose que lorsqu’elle est symptomatique (douloureuse ou responsable d’infertilité) et qu’il n’y a pas d’indication à un dépistage ».

Signes évocateurs et intensité de la douleur

Le signe d’appel, ce sont avant tout les symptômes : dysménorrhée intenses, dyspareunie profonde, douleurs à la défécation et signes urinaires au moment des règles, infertilité. C’est pourquoi, en première intention, l’interrogatoire doit être dirigé sur les signes évocateurs et l’intensité de la douleur. Cependant tous ces signes ne sont pas spécifiques, et on estime que la moitié des femmes ressentent des douleurs (modérées à intenses chez 20%). L'échographie reste le premier examen à prescrire devant une suspicion d'endométriose. « Mais elle peut être normale, précise l’orateur. Cet examen va surtout permettre de savoir s’il y a un kyste dans l’ovaire, mais il y a d’autres localisations plus difficiles à diagnostiquer ». C’est pourquoi en cas de signes évocateurs, on réalisera en deuxième intention, une échographie endovaginale, et/ou une IRM pelvienne (qui est, à ce jour, l’examen le plus sensible).

 
On ne prend en charge l’endométriose que lorsqu’elle est symptomatique (douloureuse ou responsable d’infertilité) et qu’il n’y a pas d’indication à un dépistage  Pr Xavier Fritel
 

Prise en charge pluridisciplinaire

La prise en charge doit être « pluridisciplinaire associant soins primaires et soins spécialisés » souligne le gynécologue-obstétricien. En termes de traitement, « toutes les contraceptions hormonales sont efficaces sur les symptômes douloureux de l’endométriose ». Avec, en premier lieu, une contraception orale combinée ou un dispositif intra-utérin au lévonorgestrel.

« Rien de nouveau concernant les antalgiques si ce n’est d’être prudent avec les AINS en raison de leurs effets secondaires ». Moins classique : « une attention est portée à certaines thérapies comme l’acupuncture, le yoga, la relaxation, l’électrostimulation qui peuvent être complémentaires de la prise ne charge de la douleur chronique ».

Le traitement chirurgical est indiqué uniquement s’il existe des symptômes, et une résistance au traitement hormonal ou une infertilité. Etant donné que la localisation de l’endométriose dans le pelvis peut être multiple (organes génitaux, vessie, rectum), la décision d’opérer doit être là encore prise de façon multidisciplinaire. Réalisée par cœlioscopie, l’intervention sera aussi conservatrice que possible de la fertilité. La procréation médicalement assistée (PMA) est indiquée en première intention en cas d’infertilité associée à l’endométriose. « Hors douleur, la chirurgie sera exclue mais les cas compliqués pourront nécessiter une concertation médico-chirurgicale » considère le gynécologue.

 
Toutes les contraceptions hormonales sont efficaces sur les symptômes douloureux de l’endométriose.
 

Informations attendues par les patientes

Pour l’expert, une des réussites de ce texte est d’y avoir convié des associations de patientes « pour mieux connaitre les attentes des femmes prises en charge pour une endométriose, à savoir une information sur les alternatives thérapeutiques, les bénéfices et risques attendus de chacun des traitements, le risque de récidive et les conséquences sur la fertilité. Et parmi les recommandations majeures, il importe de « prendre en compte les attentes et les préférences de la patiente » conclut le Pr Fritel.

 

Une des recommandations majeures est donc de « prendre en compte les attentes et les préférences de la patiente Pr Fritel

 

 

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