Enfant ou adulte, la probabilité de découvrir un diabète de type 1 est la même

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

11 décembre 2017

Exeter, Royaume-Uni – Contrairement aux idées reçues, le diabète de type 1 ne survient pas plus souvent pendant l’enfance ou l’adolescence qu’en milieu de vie, d’après une étude publiée dans le Lancet Diabetes & Endocrinology du 28 novembre 2017[1]. Des chercheurs anglais insistent donc sur l’importance de ne pas passer à côté des cas-adultes.

A partir de la base de données de la UK Biobank (voir encadré en fin de texte), le Dr Nicholas J Thomas et coll. (Institute of Biomedical and Clinical Science, University of Exeter Medical School, Exeter, Royaume-Uni) ont pu montrer que l’incidence de la maladie variait peu au cours des 60 premières années de la vie.

Il ressort de l’analyse des chercheurs que le diabète de type 1 est découvert dans 42 % des cas chez des individus âgés de 31 à 60 ans et dans 58 % des cas au cours des 30 premières années de vie.

En outre, ils précisent que les caractéristiques cliniques du diabète de type 1 sont les mêmes quel que soit l’âge : indice de masse corporelle plus bas que celui des patients atteints de diabète de type 2, recours rapide à un traitement par insuline et risque accru d’acidocétose.

« Le diabète de type 1 diagnostiqué plus tard dans la vie, n’est donc pas moins sévère », soulignent les chercheurs.

 
Le diabète de type 1 diagnostiqué plus tard dans la vie, n’est pas moins sévère. 
 

Repérer le diabète de type 1 chez les adultes 

Thomas et coll. insistent sur l’importance de repérer les cas de diabète de type 1 parmi une vaste majorité d’adultes diabétiques de type 2.

« Nos résultats alertent les médecins sur le fait que le diabète de type 1 survient souvent après 30 ans mais qu’il est difficile à détecter en raison de la prédominance du diabète de type 2 chez les adultes d’âge mur […] Votre risque d’avoir un diabète de type 1 est le même que vous soyez un enfant ou un adulte mais votre risque d’avoir un diabète de type 2 augmente massivement à l’âge adulte », précisent les auteurs.

« Le meilleur indice [de DT1] est le passage à l’insuline dans l’année qui suit l’initiation des antidiabétiques oraux, en particulier si les patients sont minces ou qu’ils ont un poids normal », a commenté l’un des auteurs de l’étude, le Dr Andrew T Hattersley pour l’édition internationale de Medscape.

Mais, les biomarqueurs comme le peptide C et les ilots spécifiques d’anticorps peuvent aussi être utiles pour évaluer le type de diabète, précise-t-il. Toutefois, aucun d’entre eux n’est fiable à 100 % et la meilleure stratégie est donc d’associer les données de laboratoire aux caractéristiques cliniques, selon le chercheur.

« La meilleure approche est d’avoir un doute si le patient passe rapidement à l’insuline puis de mesurer le peptide C. Une valeur inférieure à 600 pmol/L suggère fortement qu’il s’agit d’un diabète de type 1 et un taux inférieur à 200 pmol/L signifie que le patient a besoin d’un régime insulinique adapté avec de l’insuline basale et en bolus », explique-t-il. « Je testerais seulement les anticorps, comme l’acide glutamique décarboxylase et l’anticorps anti-insuline 2, lorsqu’il y a une forte suspicion clinique. »

 
Votre risque d’avoir un diabète de type 1 est le même que vous soyez un enfant ou un adulte Les auteurs
 

S’aider de tests génétiques ?

A l’avenir, des tests génétiques pourraient aussi aider au diagnostic, souligne le chercheur.

Dans l’étude anglaise, l’utilisation d’un score de risque génétique basé sur 29 variants courants a permis au Dr Thomas et coll. d’identifier 1286 individus atteints de diabètes de type 1 parmi les 13 250 cas de diabète de la Biobank.

Le test n’est pas encore disponible à grande échelle, mais, l’équipe d’Exeter y travaille.

« La meilleure démarche est d’associer les caractéristiques cliniques, les anticorps et le score de risque génétique de diabète de type 1 », conclut le Dr Hattersley.

 
Le meilleur indice [de DT1] est le passage à l’insuline dans l’année qui suit l’initiation des antidiabétiques oraux, en particulier si les patients sont minces ou qu’ils ont un poids normal  Dr Hattersley
 

UK BioBank : une vaste base de données

La UK BioBank est une association caritative qui a constitué une vaste banque de données médicales et d’échantillons biologiques provenant de 500 000 volontaires âgés de 40 à 69 ans au Royaume-Uni et dans le monde entier. Son objectif est d’améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de plusieurs maladies dont les cancers, les maladies cardiovasculaires ou encore le diabète.

 

L’étude a été financée par la Wellcome Trust and Diabetes UK.

La UK BioBank est financée par le Medical Research Council (MRC), le Wellcome Trust (WT), le Department of Health (DoH, ministère de la santé), le Scottish Executive (gouvernement écossais) et la Northwest Regional Develoment Agency (NWDA) à hauteur de 61 millions de livres (environ 85 millions d’euros).

Le Dr Thomas a reçu des financements du National Institute for Health Research (NIHR) Academic Clinical Fellowship. Dr Hattersley a reçu des financements de la Wellcome Trust Senior Investigator Award et de la NIHR Senior Investigator award. Les liens d’intérêts des autres auteurs sont listés dans la papier.

 

 

 

 

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