Désertification médicale : quelles sont les régions concernées ?

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

23 novembre 2017

Paris, France -- Selon les données publiées par le Ministère des Solidarités et de la Santé dans le Journal Officiel, 18 % de la population française vit dans une zone de soins insuffisante ou de difficulté d’accès aux soins.

Cette donnée est fondée sur un nouvel indicateur « l’Accessibilité Potentielle Localisée », qui définit des zones de sous équipement médical et qui fait partie du plan d’action de « grande ampleur » présenté en octobre 2017 par le premier Ministre, Edouard Philippe et la Ministre de la Santé, le Dr Agnès Buzin. Il permet de mieux définir les « déserts médicaux » et de mettre en place des aides spécifiques.

1 critère composite, 2 types de territoire

Les nouvelles règles de nouveaux zonages des difficultés d’accès aux soins permettent de définir deux types de territoires : ceux qui nationalement sont reconnus comme déficients (Zone A) et ceux pour lesquels les ARS régionales peuvent mettre en place des actions d’interventions prioritaires ou complémentaires (Zone B).

Comment les seuils d’identification ont-ils été choisis ? A partir d’un critère composite - l’indicateur d’Accessibilité Potentielle Localisée (APL) - fondé sur l’activité des médecins de 65 ans et moins, le temps d’accès aux praticiens (trajet en voiture de moins de 20 minutes) et la consommation de soins par classe d’âge.

Moins de 2,5 consultations possibles par an

En considérant qu’en moyenne les français bénéficient de 3,8 consultations par an, l’offre médicale est déclarée insuffisante lorsqu’elle ne permet de 2,5 consultations ou moins (Zone A). Lorsque le nombre de consultations possibles par habitants est compris entre 2,5 et 4, l’offre de soins ne permet pas de répondre de façon satisfaisante aux besoins (Zone B).

Pour mettre en place des actions prioritaires dans les Zones B, l’ARS peut prendre en compte des critères complémentaires : part de la population en affection de longue durée (ALD), proportion de médecin exerçant en secteur 1, taux d’hospitalisation potentiellement évitables.

Des nettes variations selon les régions

Les chiffres obtenus diffèrent selon les régions puisqu’ils sont compris entre 100 % en Guyane et à Mayotte, 55 % en Martinique, 49 % en Guadeloupe et 3,8 % en PACA. Parmi les régions métropolitaines, le Centre Val de Loire est en tête avec 39,8 % de la population, suivi par l’Ile de France avec 36,7 %. En fin de liste, on retrouve le Grand Est (8,7 %), les Hauts de France (8,3 %), l’Occitanie (6,2 %) et PACA.

 

 

Région

Part de la population en zone A (%)

Part de la population en zone B (%)

Total zone A et B (%)

Auvergne-Rhône-Alpes

7,9

7,2

15,1

Bourgogne-Franche-Comté

6,3

15,6

21,9

Bretagne

1,1

8,9

10

Centre Val de Loire

18,9

20,9

39,8

Corse

8,1

3,8

11,9

Grand Est

1,7

7

8,7

Guadeloupe

33,1

16,2

49,3

Guyane

100

 

100

Hauts de France

2,4

5,9

8,3

Ile de France

14,6

22,1

36,7

La Réunion

1,5

8,2

9,7

Martinique

45

10,7

55,7

Mayotte

100

 

100

Normandie

4,6

18,5

23,1

Nouvelle Aquitaine

2

8,8

10,8

Occitanie

1,7

4,5

6,2

Pays de la Loire

5

13,2

18,2

PACA

1,2

2,6

3,8

France entière

7

11

18

Toutes les aides pour la Zone A

Dans les zones d’intervention prioritaires, les médecins sont éligibles à toutes les mesures et aides à l’installation prévues par la réglementation : contrat d’engagement de service public (CESP), praticien territorial de médecine générale (TMG), praticien territorial de médecine ambulatoire (PTMA), praticien isolé à activité saisonnière (PIAS), aides des collectivités locales, aides du fond d’intervention régional (FIR).

Dans les zones d’action complémentaire, seules certaines aides pourront être sollicitées.

La balle est maintenant dans le camp des ARS qui doivent communiquer à la Direction Générale de l’Organisation des Soins (DGOS) le zonage précis des territoires régionaux éligibles aux différentes aides.

Quid des territoires défavorisés ?

Dès l’annonce de la mise en place d’un zonage national et régional en septembre 2017, différentes associations (Association des Paralysés de France, Médecins du Monde, Armée du Salut…) ont souligné que le nouvel indicateur « l’Accessibilité Potentielle Localisée »  ne tient pas compte des différences de niveau socio-économique de la population (absence de moyens de locomotion, nécessité de soins spécialisés par un pédiatre, un psychiatre…).

Les associations proposent de prendre aussi en compte un indicateur socio-économique des populations.

 

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