BRUISE-CONTROL 2 : pas d’indication à suspendre les AOD pour pose de défibrillateurs ou pacemakers

Dr Isabelle Catala, avec Patrice Wendling

Auteurs et déclarations

17 novembre 2017

Anaheim, Etats-Unis -- Implanter un stimulateur ou un défibrillateur sans suspendre le traitement par anticoagulant oral direct (AOD) ne majore pas les hématomes de loge chez les patients à risque modéré à élevé de pathologies thromboembolique. Ces sont les résultats de l’étude BRUISE-CONTROL 2 qui ont été présenté à l’occasion du congrès de cardiologie 2017 de l’AHA .

Dans les deux groupes, l’incidence des complications locales était similaire (2,1 %) tout comme celle des accidents thromboemboliques (AIT ou AVC).

Pour le Dr David Birnie (Ottawa, Canada) qui a présenté les résultats en session Hot Line, « cette étude tend à prouver que chez les patients à très haut risque thromboembolique, les interventions pour mise en place de dispositifs de stimulation ou défibrillation cardiaque peuvent être réalisées en toute sécurité sans suspendre le traitement. C’est donc au clinicien de prendre une décision thérapeutique individualisée en fonction du patient ». 

Moins d’hématomes avec la warfarine qu’avec l’héparine

Cette étude fait suite à l’essai BRUISE-CONTROL 1 qui avait pour but de comparer les risques d’hématomes de loges avec la warfarine ou l’héparine (relai pendant 72 h). L’utilisation de l’AVK permettait de faire baisser de 81 % le risque de complications locales, complications qui sont survenues chez 16 % des patients du bras héparine. Or, les hématomes de loge sont une complication particulièrement sévère de la mise en place de dispositifs cardiaques en raison d’un risque élevé d’infection du dispositif (multiplié par 7 à un an, soit 10 % des patients présentant un hématome) ce qui a été prouvé dans une étude de suivi des patients de BRUISE-CONTROL 1.

72 h sans traitement

Parce que dans la prévention des pathologies thromboemboliques les anticoagulants oraux directs (AOD) ont récemment pris le pas sur les AVK, l’équipe du Dr David Birnie a souhaité mettre en place BRUISE-CONTROL 2, une étude qui compare le risque d’hématome de loge lorsque le traitement par AOD (dabigatran, rivaroxaban ou apixiban) est poursuivi ou suspendu dans les 72 h suivant la mise en place d’un dispositif de stimulation ou de défibrillation cardiaque.

L’étude a inclus un total de 662 patients de score CHA2DS2-VASc supérieur à 2. Ils ont été tirés au sort pour :

-poursuivre le traitement dont le dosage était fondé sur l’analyse de la fonction rénale

ou

-suspendre l’AOD 48 h avant le geste avec une reprise 24 h après. 

2,1 % de complications dans les deux bras

L’étude a été suspendue après la seconde analyse intermédiaire en raison de la très faible incidence des complications (2,1 %) et de l’absence de différence entre les deux bras.

« Même si cette étude est négative, les résultats sont particulièrement importants dans la pratique », ajoute le Dr Birnie. « Cette absence de différence doit encore être confirmée avec les patients sous AOD en raison de valves mécaniques ou pour une fibrillation auriculaire sans risque particulier de pathologie thromboembolique ».

Les auteurs ont néanmoins souligné que l’utilisation d’hémostatique intra-hématome de loges était supérieure chez les patients sous AOD et qu’une contre-pression thoracique post-intervention était aussi plus souvent utilisée chez ces patients. Enfin, la pratique d’une cautérisation locale était aussi plus fréquente.

Parmi les complications survenues uniquement chez les patients sous AOD, on peut retenir une tamponnade et deux pneumothorax.

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