Sclérose en plaques et grossesse : la prise en charge évolue

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

13 novembre 2017

Dans cet article

2. Natalizumab et grossesse : quand arrêter ?

Sur ce point, lors du congrès européen, la neurologue Tania Kümpfel (Munich, Allemagne) a présenté une étude prospective sur l’utilisation de natalizumab pendant la grossesse [3].

La problématique de l’exposition/non-exposition au natalizumab pendant la grossesse est double. L’exposition prolongée in utero au natalizumab est associée à des anomalies hématologiques chez 75 % des nouveaux nés (anémies, thrombocytopénies). Or, l’arrêt de l’immunosupresseur est associé à une augmentation du risque d’effet rebond de la SEP chez la mère.

A partir du registre allemand « SEP et grossesse », T Kümpfel et coll. ont cherché à savoir à quel moment il semblait préférable d’arrêter le traitement pour obtenir un rapport bénéfice-risque favorable à la fois pour la mère et pour l’enfant.

Dans leur étude, qui a porté sur 40 femmes, les chercheurs ont comparé les récidives de SEP pendant la grossesse et les anomalies hématologiques des nouveaux nés exposés in utero au natalizumab pendant :

-moins de 24 semaines de grossesse ;

-moins de 30 semaines de grossesse ;

-plus de 30 semaines de grossesse.

Il ressort de l’étude que les bébés exposés avant 24 SG et avant 30 SG avaient moins de complications hématologiques que ceux exposés après 30 SG (33 % et 39 % respectivement vs 64 %).

Aussi, les chercheurs ont relevé plus de rechutes pendant la grossesse et en postpartum chez les femmes exposées avant 24 SG comparées aux femmes exposées jusqu’à la 30ème SG et au-delà (voir tableau).

Taux de rechutes en fonction de la durée d’exposition au natalizumab

Exposition au NTZ

<24 SG

<30 SG

>30 SG

Rechutes pendant la grossesse

3 (50 %)

0

1 (7,69 %)

Rechutes en post partum

3 (50%)

5 (28 %)

0

 

Au final, les chercheurs indiquent que « l’arrêt du natalizumab autour de la 30ème semaine de gestation semble être le meilleur moment à la fois pour la sécurité du bébé et le contrôle de la maladie de la mère. »

Le Dr Kümpfel précise aussi qu’en cas de maladie active avec un fort handicap, il peut être envisagé de poursuivre le natalizumab pendant toute la grossesse afin d’éviter les rechutes en post-partum.

Enfin, elle souligne que des analyses systématiques des facteurs prédictifs de rechute pendant la grossesse et en post partum sont nécessaires pour déterminer quelles femmes devraient continuer le natalizumab pendant la grossesse.

 
L’arrêt du natalizumab autour de la 30ème semaine de gestation semble être le meilleur moment Les chercheurs
 

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