Premières recommandations européennes de la sclérose en plaques

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

6 novembre 2017

Dans cet article

7. La situation particulière de la grossesse

Recommandation 18 : Informer les femmes en âge de procréer que les médicaments de la SEP ne sont pas indiqués pendant la grossesse, excepté l’acétate de glatiramère. (Consensus d’experts).

Recommandation 19 : Si une femme a un projet de grossesse et qu’il existe un risque élevé de réactivation de la maladie, l’interféron et l’acétate de glatiramère peuvent être proposés. Dans des cas très spécifiques (actifs), continuer le traitement utilisé pendant la grossesse peut également être envisagé. (Recommandation faible).

Recommandation 20 : Chez les femmes avec une maladie hautement active et persistante, il sera généralement recommandé de reporter la grossesse. Pour celles qui décident tout de même de devenir enceinte ou qui ont une grossesse imprévue, un traitement par natalizumab (Tysabri®) pendant la grossesse peut être envisagé après une discussion sur les risques potentiels. Autre alternative : dans le cas de maladies très actives et si la grossesse est planifiée, l’alemtuzumab(Lemtrada®)peut être proposé si un intervalle de 4 mois est strictement observé entre la dernière perfusion et la conception. (Recommandation faible).

Commentaire du Pr Vermersch : « Il y a eu tellement d’enfants qui ont été conçus sous interféron ou acétate de glatiramère que la prise du médicament est désormais autorisée jusqu’à ce que la grossesse soit déclarée. Il s’agit d’une avancée notable. Ces recommandations suggèrent aussi que, selon le rapport bénéfice-risque, le traitement peut être continué. Il s’agit d’une discussion au cas par cas. Parfois, l’arrêt des traitements entraîne des effets rebonds qui repoussent trop le projet de grossesse. C’est le cas du natalizumab notamment. Du coup, dans la vraie vie, il est parfois continué jusqu’à la 28 ème semaine de grossesse. Il est ensuite arrêté parce qu’il a été associé à quelques risques hématologiques à la naissance ».

 

 

En conclusion, le Pr Vermersch a souligné que le consensus d’expert pouvait sembler « frileux » parce qu’il était difficile de s’accorder sur des critères très strictes mais qu’il avait le mérite de proposer une harmonisation des pratiques au niveau européen. Il a ajouté que ces recommandations aideraient les experts à discuter de certains points avec les autorités de santé. 

En parallèle, des recommandations européennes, l’American Academy of Neurology (AAN) devait également présenter ses recommandations lors du spn prochain congrès. Leur publication a, toutefois, été repoussée à une date non précisée.

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