Traiter le diabète en fonction des situations : 6 fiches thérapeutiques de la SFD

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

9 octobre 2017

Dans cet article

5. Patient avec une insuffisance cardiaque

Le diabète est un facteur de risque majeur d’insuffisance cardiaque. « Ce risque est multiplié par 2,4 chez les hommes et par 5 chez les femmes dans la cohorte de Framingham […]  Par ailleurs, on estime que 25 à 40 % des patients insuffisants cardiaques ont un diabète de type 2 », précise la SFD.

« En outre, avec le vieillissement de la population des diabétiques, l’association d’un diabète de type 2 et d’une insuffisance cardiaque est une situation de plus en plus fréquente », a indiqué le Pr Pierre Gourdy (service de diabétologie, maladies métaboliques, nutrition, CHU Toulouse) lors de la présentation de la nouvelle feuille de route de la SFD à la presse.

L’association d’un diabète de type 2 et d’une insuffisance cardiaque est une situation de plus en plus fréquente Pr Pierre Gourdy

Là encore, les études réalisées au cours de la dernière décennie ont fait bouger les lignes.

Chez un patient DT2 présentant une insuffisance cardiaque :

-La metformine doit être le traitement de première intention s’il s’agit d’une insuffisance cardiaque stable sans IRC sévère associée (DFG >30 ml/min/1,73 m²), mais doit être évitée en cas d’insuffisance cardiaque instable et/ou nécessitant une hospitalisation.

-la sitagliptine a démontré, dans l’étude TECOS, sa sécurité vis-à-vis du risque de mortalité et/ou d’hospitalisation liés à l’insuffisance cardiaque, alors que la saxagliptine augmente le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque dans l’étude SAVOR-TIMI 53 et doit donc être évitée.

-Toutes les autres classes d’anti-hyperglycémiants disponibles sur le marché peuvent être utilisées, mais aucun médicament n’a montré, à ce jour, de bénéfice particulier sur les événements liés à l’insuffisance cardiaque, à l’exception de l’empagliflozine et de la canagliflozine, I-SGLT2 non commercialisés en France actuellement.

-Les sulfamides et le répaglinide ne seront pas privilégiés, en raison du risque d’hypoglycémies.

-Les GLP-1 RA doivent être évités en cas d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection diminuée, compte tenu de l’accélération du rythme cardiaque et du signal défavorable observé avec le liraglutide dans les études LIVE et FIGHT chez de tels patients.

-Une coordination entre généraliste, cardiologue et endocrinologue-diabétologue est recommandée.

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