Congrès EASD 2017 : les essais attendus en  diabétologie

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

12 septembre 2017

Lisbonne, Portugal – Le congrès de l’ European Association for the Study of Diabetes (EASD), la plus grande conférence internationale consacrée spécifiquement au diabète, réunit plus de 15 000 endocrinologues, cardiologues et scientifiques entre le 12 et le 15 septembre à Lisbonne au Portugal.

Cette année, au côté de recherches plus fondamentales et des avancées technologiques, 11 essais cliniques majeurs seront présentés, avec, encore une fois, un focus important sur l’impact cardiovasculaire des antidiabétiques.

La prévention CV, un thème central du congrès

Sur les 11 grands essais présentés, quatre portent directement sur l’évaluation cardiovasculaire des antidiabétiques.

L’essai Exenatide Study of Cardiovascular Event Lowering (EXCEL) , dont les résultats définitifs seront présentés jeudi soir, a déjà suscité beaucoup d’intérêt sur le site virtuel du congrès.   

En mai, AstraZeneca avait annoncé que l’agoniste du récepteur GLP-1 hebdomadaire exenatide (Bydureon®) présentait un bon profil de sécurité cardiovasculaire mais qu’il n’apportait pas de protection cardiovasculaire par rapport à un placebo.

L’essai est donc relativement décevant et suggère qu’il n’existe pas d’effet classe des agonistes de GLP-1 sur la prévention CV. En effet, si le semaglutide et le liraglutide de NovoNordisk ont été associés à une baisse du risque CV de respectivement 26 % et de 13 % dans les essais SUSTAIN-6 et LEADER, l’exenatide et le lixisenatide ne seraient, eux, ni délétères, ni protecteurs.

Autres résultats attendus, ceux de l’essai Acarbose Cardiovascular Evaluation (ACE) financé par Bayer. Présenté mercredi, il révèlera si la prescription d’un médicament plus ancien, l’acarbose chez les diabétiques de type 2 coronariens peut réduire la morbi-mortalité CV.

Aussi, le même jour,  seront présentés les résultats de l’essai indépendant TOSCA IT , qui a comparé les effets CV de la pioglitazone versus un sulfamide chez les diabétiques de type 2 non contrôlés par la metformine.

« Il s’agit d’une étude relativement nouvelle et importante […] qui pourrait avoir un impact [sur la pratique] », a expliqué le Dr Francesco Beguinot (responsable du programme EASD, Naples, Italie) à l’édition internationale de Medscape.

NDLR : un intérêt tout relatif en France où les pioglitazones sont retirées du marché depuis juin 2011 (Voir aussi Pioglitazone : bannie en France, blanchie aux Etats-Unis, lost in pharmacovigilance ?)

Enfin, les résultats de l’essai CANVAS , déjà divulgués à l’ADA 2017, et qui ont montré une réduction significative du risque CV associé à l’anti SGLT2 canagliflozine (Invokana®), seront détaillés (données CV, biomarqueurs intermédiaires, fonctionnement des cellules bêta…).

Des anti-SGLT2 dans le diabète de type 1 ?

Concernant les autres grands essais présentés, plusieurs ont étudié le rapport-bénéfice-risque des anti-SGLT2 dans le diabète de type 1. Leurs données de tolérance sont particulièrement attendues par les diabétologues, notamment en ce qui concerne le risque d’acidocétose.

Les premières données, présentées mercredi, issues du programme Sotagliflozine Clinical Program (Lexicon Pharmaceuticals), concernent l’anti-SGLT1/SGLT2 sotagliflozine.

Les autres, dévoilées le lendemain, proviennent de l’essai DEPICT-1 (AstraZeneca) qui porte sur l’anti SGLT2 dapagliflozine (Forxiga/Farxiga).

« Nous sommes surtout intéressés par la sécurité. Apparemment les données sont satisfaisantes…Je doute que ces agents puissent être utilisés chez les enfants diabétiques de type 1 mais chez les adultes, ils pourraient fournir une aide supplémentaire », a commenté le Dr Beguinot.

Et aussi…

Parmi les autres essais phares du congrès, une analyse de CONCEPTT apportera un éclairage sur l’intérêt du monitoring du glucose en continu pendant la grossesse chez les femmes diabétiques de type 1.

Aussi, de nouvelles données de l’essai TECOS (Trial Evaluating Cardiovascular Outcomes with Satagliptin) montreront si l’anti-DPP4 permet de retarder l’introduction de l’insuline chez des diabétiques de type 2 ; les résultats de l’essai AWARD-7 donneront des indications sur les bénéfices respectifs du dulaglutide vs l’insuline glargine chez des diabétiques de type 2 avec une insuffisance rénale chronique et une étude prospective contrôlée s’intéressera au traitement oral par acide alpha lipoïque (AAL) dans les neuropathies périphériques diabétiques.

 

 

 

 

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