Manger des graisses ou des sucres ? L’étude observationnelle PURE chamboule tout

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

6 septembre 2017

Dans cet article

Barcelone, Espagne — Faut-il vraiment limiter nos apports en graisses, et notamment en graisses animales ? Pour le Dr Mashid Dehghan et coll. (Poulation Health Research Institute, McMaster University, Hamilton, Canada), la réponse est non.

1. Des conclusions controversées

D’après les résultats de l’étude Prospective Urban-Rural Epidemiology PURE, la plus vaste étude observationnelle jamais réalisée sur l’impact des sucres et des graisses sur la mortalité toutes causes et la mortalité cardiovasculaire (CV), les apports élevés en graisse et notamment en graisses animales, diminueraient le risque de mortalité. Ils seraient donc protecteurs !

En revanche, les données de PURE confirment bien que des apports élevés en sucres sont mauvais. Dans l’étude, plus de 60 % d’apports énergétiques en glucides augmentent les décès toutes-causes, même si étonnement, ils ne sont pas délétères sur le plan cardiovasculaire.

Ces résultats surprenants ont été présentés en session hotline du congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie ( ESC 2017 ) et publiés simultanément dans le Lancet [1,2] .

Des conclusions controversées

 « Nos résultats ne vont pas dans le sens des recommandations actuelles qui préconisent de limiter les apports énergétiques totaux en graisse à moins de 30 % et les apports énergétiques en graisses saturées à moins de 10 %», indiquent les chercheurs.

Ils ajoutent que ces données confirment les conclusions de plusieurs essais randomisés et études observationnelles déjà publiées [2,3,4,5].

Dans un éditorial accompagnant l’article [6], les Prs Christopher E Ramsden et Anthony F Domenichiello appellent toutefois à une certaine prudence quant à l’interprétation des données en attendant la réalisation d’essais contrôlés randomisés. Ils suggèrent d’ailleurs à demi-mots aux auteurs de faire preuve « d’humilité ».

Un avis que partage le Pr Boris Hansel (hôpital Bichat, Paris). « Les conclusions des auteurs vont au-delà de ce que l’on peut tirer d’une seule étude observationnelle, aussi grosse soit elle », explique-t-il à Medscape édition françcaise.

« Dire que cette étude devrait amener à modifier les recommandations vis-à-vis des graisses saturées me parait abusif quand on voit la discordance avec toute une littérature scientifique qui dit l’inverse (voir Synthèse AHA, juin 2017 [7]).

 
Nos résultats ne vont pas dans le sens des recommandations actuelles Les chercheurs
 

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