Traitement de l’inflammation en prévention secondaire : CANTOS fait la preuve de concept

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

27 août 2017

Les résultats examinés à la loupe

L’essai CANTOS (Canakinumab Antiinflammatory Thrombosis Outcome Study) a   été mené de dans 39 pays, chez 10061 patients, victimes d’un premier IDM, et présentant un taux élevé de C-Réactive Protéine dosée avec une haute     sensibilité (CRP-hs > 2 mg/L), un marqueur inflammatoire non spécifique.

Ces patients étaient âgés de 61 ans en moyenne ; l’effectif comporte 26% de     femmes et 40% de diabétiques. La CRP-hs moyenne était de 4,2 mg/L. Le Pr     Harrington décrit cette population comme « présentant de multiples facteurs de risque cardiaques, une histoire de revascularisations fréquentes (67%), et faisant l’objet d’une prévention secondaire agressive (90% étaient sous statine) ».

On note que les patients présentant des antécédents d’infection chronique     ou récurrente, ou de cancer, ont été exclus du recrutement, de même que les     patients présentant une cause de déficit immunitaire.

                                   

Des modifications de protocole

Le protocole a subi deux modifications en cours de déroulement. Premièrement, aux doses de 150 et 300 mg initialement prévues, a été ajoutée une dose de 50 mg, à la demande des autorités de régulation. Deuxièmement, l’effectif de 17482 patients, que devait comporter l’étude, a été ramené à 10000 par Novartis, qui a invoqué pour ce faire des considérations financières (et n’a pas eu accès aux résultats intermédiaires dans cette prise de décision). Pour conserver la puissance statistique, le suivi a été allongé de 1 an. « Dans le cas d’une maladie chronique comme l’athérosclérose, un suivi plus long favorise l’apparition ou accentue un bénéfice », note le Pr Harrington, en ajoutant que « ces modifications n’ont vraisemblablement pas affecté l’interprétation de l’étude ».


           

Le canakinimab (50, 150 ou 300 mg) a été administré à raison d’une injection SC tous les trois mois, de même que le placebo.

L’inhibition de l’IL-1β par l’anticorps abaisse effectivement la CRP-hs : à 48 mois, les valeurs relevées dans les trois groupes 50, 150 et 300 mg de canakinumab, sont inférieures de 26, 37 et 41% respectivement aux valeurs relevées dans le groupe placebo (tous les p<0,001). Les taux de LDL et de HDL sont en revanche parfaitement superposables. On note une augmentation de 4-5% des triglycérides sous canakinumab.

Le suivi moyen est de 3,7 ans, au terme desquels les taux d’abandon de     traitement sont équivalents dans les différents groupes (18-19%).

Les incidences du critère primaire (décès CV, IDM non fatal, AVC non fatal) sont de 4,50 pour 100 personne.années dans le groupe placebo, et 4,11, 3,86  et 3,90 pour 100 personne.années pour les trois doses de canakinumab.

L’écart avec le placebo n’est pas significatif pour la dose de 50 mg. Pour la dose de 150 mg, il est significatif au seuil de 0,02115, abaissé par rapport au classique 0,05 pour tenir compte des comparaisons multiples : RR=0,85 ; p=0,02075. Enfin, malgré un risque relatif équivalent de 0,86, l’écart avec le placebo redevient non significatif pour la dose de 300 mg (p=0,0314 là où seuil aurait dû être <0,01058).

On note encore qu’en ajoutant les revascularisations en urgences au critère primaire, la significativité du résultat pour la dose de 150 mg se maintient (RR=0,83 ; p=0,00525 pour un seuil à 0,00529).

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....