Fièvre jaune : après 20 ans de répit, un premier cas mortel en Guyane

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

25 août 2017

Rives de l’Oyapock, Guyane -- Le 9 aout dernier, une femme d’origine brésilienne travaillant dans l’orpaillage et qui avait séjourné en Guyane française dans la région de l’Oyapock – frontalière avec la Brésil – est décédée de la fièvre jaune. Le diagnostic a été confirmé par l’ARS Guyane et l’Institut Pasteur local.

Cela faisait près de 20 ans qu’aucun cas n’avait été recensé dans ce département français. Le vaccin est aussi recommandé au Brésil dans toute la région du nord du pays frontalière avec la Guyane.

Vérifier son statut vaccinal

Toutes les personnes qui ont séjourné dans la zone de la forêt de Saint Elie et dans la vallée de l’Oyapock sont invitées à vérifier leur statut vaccinal contre la fièvre jaune. Dans le cas où elles ne seraient pas à jour, l’ARS leur conseille de se faire vacciner chez la plupart des médecins généralistes et dans les centres dont elle publie la liste : CPS de la Croix Rouge, CDPS du Centre Hospitalier de Cayenne, centres PMI de la CTG, consultation du voyageur au Centre hospitalier de Cayenne. La liste est consultable sur le site de l’ARS.

Pour les habitants et les voyageurs de passage dans la région de l’Oyapock, une consultation est nécessaire en cas de fièvre.

Des opérations de démoustication sont en cours dans la région suspecte et dans les lieux fréquentés par la patiente : le Centre Hospitalier de Cayenne, le Centre médico-chirurgical de Kourou, la forêt environnante de Saint Elie, le Petit Saut et bas Oyapock.

Dans son communiqué, l’ARS Guyane insiste sur l’intérêt de la protection individuelle et de la vaccination. « La vaccination est la principale mesure de prévention contre la fièvre jaune. Le vaccin est sûr, et très efficace, une seule dose suffit généralement à conférer une immunité durable et une protection à vie contre la maladie. Il donne en 30 jours une protection immunitaire efficace à 99% des sujets vaccinés ».

La dernière épidémie de fièvre jaune en Amérique du Sud date d’une vingtaine d’année et concernait le nord du Brésil. Depuis cette date, l’accès au vaccin a été facilité sur recommandation des autorités sanitaires de Brasilia.

 
Le vaccin est sûr, et très efficace, une seule dose suffit généralement à conférer une immunité durable et une protection à vie contre la maladie.
 

L’ARS rappelle aussi les signes cliniques : « après une incubation d’environ une semaine, la maladie se caractérise par les symptômes suivants : fièvre, frissons, douleurs musculaires, maux de tête, nausées, vomissements. Des formes graves (hémorragies, troubles hépatiques, troubles rénaux) peuvent se développer dans 15% des cas ».

En raison de la possibilité vaccinale, le risque épidémique de fièvre jaune est très limité dans une région où le chikungunya, la dengue et le zika restent endémique.

Enfin, l’ARS précise, « en cas de fièvre jaune, un traitement symptomatique peut être proposé : réhydratation, administration de médicaments visant à limiter la fièvre, les vomissements et la douleur, antibiotiques pour les surinfections ».

 

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