SEP : l’effet neuroprotecteur de la simvastatine à haute dose se confirme

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

1er septembre 2017

London, Royaume-Uni -- Deux ans après la démonstration d’une moindre atrophie cérébrale en cas de sclérose en plaques (SEP) traitée par simvastatine 80 mg par jour ( étude MS-STAT) [1], une preuve de l’effet sur la mémoire et la qualité de vie de ce traitement est publiée dans le Lancet Neurology[2].

Effet sur l’atrophie cérébrale

C’est une histoire en trois temps qu’a imaginé l’équipe du Dr Jeremy Chataway (Londres, Grande Bretagne). Entre 2008 et 2011, l’étude MS-STAT a inclus 133 patients atteints de SEP secondaire progressive. Cette forme clinique survient généralement après une phase de SEP rémittente et se caractérise par une progression sans récupération du handicap.

Les 133 patients inclus ont reçu soit de la simvastatine à la dose de 80 mg par jour, soit un placebo.

Pourquoi de la simvastatine ? Parce que chez l’animal, il semble que ce traitement ait un effet neuroprotecteur sans que l’origine de cette action ait été complètement élucidée.

Toujours est-il qu’à l’issue des deux années de traitement, le volume cérébral des patients (mesurant l’atrophie cérébrale : critère de jugement primaire) traités par simvastatine a été de 43 % supérieur à celui des patients sous placebo.

La première phase de l’expérimentation a donc été positive. Mais cette constatation s’accompagne-t-elle d’effet clinique ? La réponse est l’objet de la deuxième phase de l’étude MS-STAT.

L’effet sur la mémoire et la qualité de vie de ce traitement est publiée dans le Lancet Neurology .

Impact sur les capacités frontales et la qualité de vie

Dans l’article publié récemment par le Lancet Neurology , le but des investigateurs était d’étudier l’impact de la simvastatine sur la mémoire verbale et non verbale et sur la qualité de vie. Ce type d’approche nécessite de procéder à une batterie de tests de façon régulière et de comparer les résultats par rapport aux données à l’inclusion dans l’étude.

Les tests choisis ont été multiples et les auteurs reconnaissent qu’aucun d’entre eux n’est parfait, puisque les capacités mnésiques et la qualité de vie peuvent varier avec le temps, surtout dans ce type de maladie.

Toujours est-il que la simvastatine ne semble pas impacter le déclin cognitif, la mémoire verbale et non verbale, mais qu’elle est dotée d’un effet positif sur les capacités cérébrales frontales (comportement et régulation de l’activité motrice) et sur les capacités physiques.

Par ailleurs, la qualité de vie des patients traités s’est révélée significativement améliorée.

La simvastatine est dotée d’un effet positif sur les capacités cérébrales frontales (comportement et régulation de l’activité motrice) et sur les capacités physiques.

Quel effet  le handicap ?

Désormais, la troisième étape de l’étude est en cours. Il s’agit d’évaluer l’impact de la simvastatine sur la dépendance physique et l’évolution clinique de la maladie.

Les auteurs investiguent aussi nombre d’hypothèses physiopathologiques sur le lien entre les statines et l’effet neuro-protecteur. La réponse, s’ils en trouvent une, pourrait être disponible dans les prochains mois.

 

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