Jeunes enfants : 5 ingestions accidentelles de cannabis à Nice

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

30 août 2017

Entre 2004 et 2014, le nombre de formes graves d’intoxication a augmenté     passant de 4,3 % à 18,5 %. Ainsi, le nombre de coma d’emblée a été estimé à     31 sur 183 cas dans la deuxième période contre 2 sur 46 aux cours des     premières années.

Pour le Dr Claudet, cette modification des tableaux clinique s’explique     majoritairement par une hausse nette du taux de THC dans les produits     disponible en France puisqu’elle est passée de 9,3 % en 2004 à 20,7 % en     2014. Par ailleurs, les nouveaux « packagings » utilisés dans notre pays ou     la « boulette » de résine a remplacé la « savonnette » de feuilles compactées avec parfois de la résine, ont favorisé les possibilités d’ingestions par les enfants.

 
Cette modification des tableaux clinique s’explique majoritairement par une     hausse nette du taux de THC dans les produits disponible en France.
 
 

                                   

Quand penser à une intoxication chez l’enfant            

A l’occasion d’un précédent congrès Urgences, nous avions interrogé le Dr Isabelle Claudet sur les symptômes évocateurs d’une intoxication chez l’enfant. Voici ses conseils.

           

Le premier message est d’y penser, avoir une certaine culture toxicologique ou à défaut avoir recours à des avis spécialisé (centre antipoison) car, selon l’adage, on ne trouve que ce l’on cherche et on cherche que ce que l’on connait.

           

Le second est d’avoir la notion du temps : aux urgences pédiatriques mais aussi polyvalentes, on pense souvent à une intoxication à défaut d’autres étiologies, par conséquent la recherche toxicologique est faite très tard et le diagnostic est retardé. Il faut donc connaitre un  certain nombre de toxidromes.

           

La présentation la plus fréquente des intoxications chez l’enfant est le trouble neurologique aigu chez un enfant non fébrile qui allait bien jusque-là et qui a entre 18 et 36 mois (pic des intoxications accidentelles). Ces symptômes neurologiques se présentent souvent sous forme d’une ataxie aiguë (trouble de la marche rapporté par les parents). Il existe des tableaux plus graves comme des convulsions (les causes toxiques sont probablement sous estimées dans les convulsions de l’enfant) et les comas. Il faut penser assez tôt à une intoxication        pour pouvoir avoir accès à des traitements ou antidotes spécifiques au-delà du stade d’irréversibilité, quand les lésions sont déjà installées.

           

Autre situation : celle des malaises à répétition qui ne trouvent pas d’étiologie. Il faut, là encore, penser à une intoxication. Cela peut être dû à un syndrome de Münchhausen par procuration (parent ou membre de la famille qui intoxique un enfant). Il est alors très difficile de gérer les familles qui sont sur la défensive, même quand l’intoxication a été prouvée.

           

Il existe des tableaux plus délicats comme les troubles du rythme cardiaque chez des enfants non connus comme porteurs de cardiopathie ou de malformation pour lesquels il faut aussi évoquer une intoxication. Il faut aussi y penser devant des troubles métaboliques inexpliqués. Ainsi, face à une acidose métabolique, on recherchera un certain nombre de molécules.

           

Dernier conseil : ne pas se fier aux familles qui nieront le plus  souvent que l’enfant a pu avoir accès à l’armoire à pharmacie ou à d’autres produits.

           
 
On ne trouve que ce l’on cherche et on cherche que ce que l’on connait.
 

 

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