Addiction aux antalgiques opiacés : un effet secondaire devenu « urgence nationale » aux US

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

21 août 2017

L’industrie pharmaceutique en ligne de mire

Entre deux et trois millions d’Américains sont dépendants aux analgésiques opioïdes ou à l’héroïne, rapporte l’American society of addiction medicine. Certains États très touchés par cette épidémie, comme l’Ohio, poursuivent en justice des entreprises pharmaceutiques accusées d’avoir minimisé le caractère addictif des opiacés concernés.

Selon le Washington Post, 25 États, villes et comtés vont, eux aussi, poursuivre des entreprises du secteur pharmaceutique. L’État de Caroline du Sud est le dernier État connu à avoir engagé des poursuites devant la justice. Il s’attaque au laboratoire Purdue Pharma, qui fabrique l’Oxycontin et d’autres opiacés. Plus particulièrement, l’État met en cause la campagne marketing de ce laboratoire encourageant des médecins à prescrire l’Oxycontin pour des indications non approuvées, rapporte le Washington Post .

Une plainte contre 5 laboratoires pharmaceutiques

Dans l’Ohio, le ministre de la Justice Mike Dewine a déposé une plainte contre cinq grands laboratoires pharmaceutiques, fabricant d’opiacés et de génériques, pour avoir minimisé, voire caché les effets secondaires de médicaments comme l’Oxycontin ou encore le Percoet. Les laboratoires concernés sont : Purdue pharma, Teva, Cephalon, Johnson&Johnson, Janssen .

Pour ce faire « l’industrie pharmaceutique cible les médecins généralistes, ceux qui rencontrent le plus de gens en souffrance », a déclaré Mike Dewine. Le problème remonte à une vingtaine d’année, lorsque les médecins ont été sensibilisés à la prise en charge de la douleur. Des traitements destinés à des cas extrêmes se sont banalisés et ont été prescrits à des malades chroniques, en mésestimant l’effet addictif de ces substances.

À Portsmouth, dans l’Ohio, des cliniques spécialisées dans la délivrance de ces opiacés se sont développés très rapidement. Surnommés, « Pill mills » (moulins à pilule), ces cliniques sont devenues partie intégrante de l’économie locale, dans cet État en crise qui fut le bastion de l’industrie sidérurgique. Après une prise de conscience de cette épidémie, ces pill mills ont été progressivement fermés, et les médecins condamnés.

Portsmouth s’est progressivement transformé en refuge pour désintoxication en renforçant son offre de santé. Les overdoses sont désormais en baisse et l’administration fédérale envisage une réduction de 20% l’an prochain de la production autorisée d’opiacés.

 
L’industrie pharmaceutique cible les médecins généralistes, ceux qui rencontrent le plus de gens en souffrance Mike Dewine
 

 

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