Attentat de Nice : quel impact sur la carrière et la vie privée des soignants ?

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

28 juillet 2017

Nice, France--Pour la DRH des hôpitaux de Nice, Karine Hamela, « faire les plannings du 14 juillet 2017 – date anniversaire de l’attentat de Nice – a été complexe ». Un an auparavant, 400 personnes travaillaient la nuit où 80 personnes ont été fauchées par un camion terroriste, et 1 800 ont été mobilisées les jours suivants. Les médecins, internes et étudiants en médecine se sont particulièrement mobilisés la plupart du temps de façon volontaire : les étudiants, par exemple, ont été mis à contribution pour les soins post-mortuaires.

Une cellule psychologique spécifique a été mise en place pour les soignants dès le 15 juillet, mais en dehors des premiers jours qui ont suivi le drame, elle est restée assez peu utilisée, en particulier au cours des derniers mois.

 
Les étudiants...ont été mis à contribution pour les soins post-mortuaires.
 

Au total, seuls 20 agents hospitaliers ont été mis en arrêt de travail depuis un an en lien avec l’attentat. Mais pour le Pr Michel Benoît, qui dirige le service psychiatrique du CHU de Nice et supervise le suivi psychologique post-attentat des équipes, « beaucoup minorent leur mal-être".

Etude qualitative et quantitative

Pour évaluer l’impact à moyen et long terme de l’attentat sur la carrière et la vie privée des agents, le département de santé de l’hôpital s’est associé à Santé Publique France pour mettre en place une étude – « les Echos de Nice 14 juillet » - qui comprendra plusieurs parties.

 
Beaucoup minorent leur mal-être. Pr Michel Benoît
 

Le volet qualitatif s’adresse aux étudiants en médecine et a été proposé sous la forme d’entretiens. Leur implication – en particulier dans les chambres mortuaires – pourrait en effet avoir une implication sur leur future carrière. L’enquête a pour but de mesurer l’impact du 14 juillet sur leur santé au travail, leurs études et, éventuellement, de les orienter vers un accompagnement spécifique.

Un web questionnaire est en ligne depuis le 21 juin et ce jusqu’au 30 septembre afin d’estimer l’impact en termes de santé psychologique et psycho-traumatique ». Il a été adressé à 8 000 personnes. « Tous les métiers sont concernés : ceux qui étaient en première ligne ou en dernière ligne, ou ceux qui ont eu un proche victime ».

Les résultats sont attendus début 2018.

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