Leucémie : la FDA autorise la première thérapie génique par cellules CAR T

Aude Lecrubier, Zosia Chustecka

Auteurs et déclarations

31 août 2017

« Nous  sommes au tout début de l’histoire », a souligné le Pr Greenberger.

D’après une analyse  figurant dans le dossier pour la FDA, la comparaison du tisagenlecleucel, du bilinatumomab et de la  clofarabine dans 3 essais différents, montre que le tisagenlecleucel est associé à un taux de survie  globale à un an de 79,2 % (essai B2202) vs 38 % avec le bilinatumomab (von Stackelberg et coll. 2016) et à 20 % avec la monothérapie de  clofarabine (Jeha et coll., 2006). En parallèle, les durées de survie globale  moyennes sont respectivement de 16,6 mois*, 7,5 mois et 3 mois pour les trois  produits.

« Ce type de réponse dans la LLA  recidivante/réfractaire est absolument remarquable », a commenté le  Pr Greenberger.

Quelle tolérance ? Quelle surveillance ?

« Ces cellules  survivent probablement très longtemps [dans l’organisme]…ce qui est bien  puisque vous voulez tenir la leucémie à l’écart mais, si vous développez des  effets secondaires, ils peuvent également durer très longtemps. En outre, comme  les cellules croissent et se multiplient, les effets secondaires peuvent  s’aggraver », a expliqué le Pr Greenberger.

Des travaux  sont d’ailleurs en cours pour incorporer un « interrupteur  génétique » qui aurait la capacité d’inactiver les cellules CAR T.

En  attendant, on ne sait pas si ces cellules vont persister tout au long de la vie  du patient parce que les données actuellement disponibles ne portent que sur  quelques année. Mais, ce qui est sur, c’est que « ces thérapies doivent  faire l’objet d’une surveillance étroite », insiste l’expert.

Il semble  notamment que chez certains patients les cellules CAR T s’attaquent aussi aux  lymphocytes B sains. « Ce n’est pas un problème majeur, au moins pour le  moment », parce que la déficience en lymphocyte B peut être corrigée en  donnant des suppléments d’immunoglobulines, parfois sur le long terme.

Ce type de réponse dans la LLA recidivante/réfractaire est absolument remarquable. Pr Lee Greenberger

Les effets  secondaires les pires surviennent une à deux semaines après l’injection,  lorsque les cellules CAR T se multiplient et attaquent les cellules  leucémiques. Ces effets secondaires peuvent être très sévères voire mortels.

Les effets  secondaires les plus sérieux qui ont été observés dans l’essai pivot étaient des  syndromes de relargage des cytokines, qui ont été sévères chez près de la  moitié des patients et des toxicités neurologiques qui se sont développées chez  44 % des patients.

Bien que ces  effets secondaires soient sévères, ils ne sont pas plus sévères que ceux qui  sont associés à la greffe de moelle osseuse ; ils sont différents.  « après une greffe, il y a souvent une toxicité sévères qui touche de  nombreux organes et aussi une toxicité neurologique », a toutefois  souligné le Pr Greenberger.

Pour le Pr  Greenberger, en raison des effets secondaires sévères associés aux cellules CAR  T, la thérapie ne pourra être administrée que par des cliniciens expérimentés  et dans des centres adaptés. Il précise que certains patients doivent être  traités en soins intensifs ou être intubés.

A quel prix ?

Parce que la  thérapie cellulaire CAR T n’est administrée qu’une seule fois et qu’elle est  potentiellement curative, le prix devrait en être élevé. Des estimations autour  de 300 000 à 500 000 dollars ont été mentionnées mais le coût  pourrait être encore plus élevé.

Par  comparaison, le coût moyen d’une greffe de moelle osseuse allogénique aux  Etats-Unis est de 800 000 dollars et le coût d’une transplanttion  autologue est environ de 350 000 dollars, selon le site Medigo.

Chez un  enfant, le coût d’une transplantation oscille entre 75 000 et 200 000 dollars.

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