Le somnifère zolpidem pourrait être bénéfique à plusieurs pathologies neurologiques

Aude Lecrubier, Deborah Brauser

Auteurs et déclarations

26 juillet 2017

Ann Harbor, Etats-Unis—  Etonnement, certains patients atteints de troubles de la motricité ou dans des états végétatifs verraient leur condition s’améliorer grâce au somnifère zolpidem (Stilnox® et Gé.).

Ces données, issues de la première revue systématique de la littérature réalisée sur les utilisations neurologiques hors AMM du zolpidem, sont publiées dans le JAMA Neurology[1].

Elles montrent un taux de réponse d’au moins 18 % chez les patients atteints de troubles de la motricité comme la maladie de Parkinson ou la dystonie et une efficacité chez 5 à 7 % des patients atteints de troubles de la conscience.

Les auteurs, le Dr Martin Nick Bomalaski et coll. (Université du Michigan, Etats-Unis) décrivent notamment des améliorations chez des patients en état de conscience minimale et des cas de patients essayant de parler pour la première fois depuis des années. Bien que ces effets ne durent qu’une à quatre heures, il semble qu’ils pourraient être répliqués avec de nouvelles doses.

Pour le Pr Douglas I Katz (University School of Medicine, HealthSouth Braintree rehabilitation Hospital), interrogé par la journaliste Deborah Brauser, ces données suggèrent qu’il « vaut la peine » d’essayer le zolpidem au moins dans les troubles de la conscience.

« Il ne s’agit pas d’un traitement, mais cela peut améliorer les interactions familiales et la qualité de vie chez un patient sur 20 pour lequel des effets sont visibles », explique-t-il.

Les chercheurs soulignent qu’il n’est pas possible à ce jour de sélectionner les patients atteints de troubles de la conscience ou de troubles de la motricité qui pourraient le mieux répondre au zolpidem.

Quel mécanisme ?

Concernant les mécanismes d’action, les auteurs précisent que le zolpidem est unique de par son action agoniste des sous-récepteurs ω1 du récepteur GABAA. Or, ils notent que certaines zones du cerveau sont riches en ce type de récepteurs, notamment les noyaux gris centraux, le thalamus et le cortex moteur, « ce qui peut expliquer pour une part ces effets remarquables, paradoxaux qui ont été observés. »

Ils ajoutent que dans les troubles de la conscience, le zolpidem peut aussi se lier aux récepteurs GABAA sur les cellules neurodormantes, ce qui pourrait normaliser l’activité métabolique et restaurer une connectivité fonctionnelle.

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