Café : bénéfice sur la mortalité confirmé dans deux grandes études

Vincent Bargoin, avec Marcia Frellick

Auteurs et déclarations

20 juillet 2017

Cohorte multiéthnique

Seconde étude, la cohorte MEC (Multiethnic Cohort), dans laquelle 185.855 sujets afro-américains, latino-américains, hawaïens, américains d’origine japonaise, et blancs ont été suivi de manière prospective. Ici encore, la mortalité générale et les causes spécifiques de mortalité ont été analysées en fonction de la consommation de café.

Le suivi est de 16,2 ans, durant lesquels 58.397 décès ont été dénombrés.

S’agissant de la mortalité générale, une relation dose-effet inverse apparait dans un modèle ajusté. Pour 1 tasse par jour, le RR est de 0,88 ([0,85-0,91]). Pour 2 à 3 tasses par jour, le RR est de 0,82 ([0,79-0,86]). Enfin pour 4 tasses ou plus, le RR est de 0,82 ([0,78-0,87]).

On note que ce bénéfice est retrouvé dans tous les groupes ethniques analysés, à l’exception des sujets natifs de Hawaï.

En ce qui concerne les causes spécifiques de mortalité, des associations inverses sont retrouvées entre le café et les maladies cardiovasculaires (p<0,001), les cancers (p=0,023), les maladies respiratoires chroniques (p=0,015), les AVC (p<0,001), le diabète (p=0,009), et les maladies rénales (p<0,001).

Enfin, comme dans EPIC, les effets du café caféiné ou décaféinés semblent similaires.

Au moins, le café n’a pas d’effet indésirable

Dans un éditorial associé aux deux publications, les Drs Eliseo Guallar, Elena Blasco-Colmenares, Dan E. Arking et Di Zhao (Johns Hopkins University) soulignent l’importance de la question, tant la consommation de café est répandue dans le monde.

Ils soulignent également que la relation inverse entre café et mortalité, retrouvée dans les deux études, menées dans des populations différentes, conforte la notion d’un bénéfice déjà avancée dans un certain nombre de travaux.

 
Une consommation modérée de café, de 3 à 5 tasses par jour...n’est pas associé à des effets indésirable, et peut faire partie d’un régime sain.
 

Reste la question de l’origine du bénéfice. Les résultats ne vont pas dans le sens d’un rôle de la caféine, en tout cas pas d’un rôle exclusif. Le café contient de nombreux autres composants susceptibles d’effets biologiques. Il faudra trouver lesquels sont en cause.

En attendant, sans recommander le café pour prévenir les affections chroniques ou réduire la mortalité, « il est de plus en plus évident qu’une consommation modérée de café, de 3 à 5 tasses par jour, ou un apport de caféine allant jusqu’à 400 mg/j, n’est pas associé à des effets indésirable, et peut faire partie d’un régime sain », concluent les éditorialistes. 

L’étude EPIC a été financée par la Commission européenne (Directorat de la santé et de la consommation), et l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer.
L’étude MEC a été financée par le NIH américain.
Les déclarations d’intérêt des auteurs figurent dans les publications.
Les éditorialistes indiquent n’avoir aucun lien d’intérêt en rapport avec le sujet.

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