Cas clinique : AINS chez un sujet à risque CV

Douglas Paauw

Auteurs et déclarations

19 juillet 2017

Prise d’AINS et antécédent cardio-vasculaire : évaluer le risque

Quelques messages clés sont à retenir de ce cas.

Premièrement, les patients porteurs d’antécédents cardiaques ont un risque 10 fois supérieur de première hospitalisation pour insuffisance cardiaque s’ils prennent un AINS. De nombreux patients atteints d’insuffisance cardiaque subclinique développeront les symptômes de leur pathologie cardiaque en cas de prise d’AINS ou d’une autre molécule.

Plus longue est la prise d’AINS, plus élevé est le risque d’insuffisance cardiaque

Deuxièmement, plus la prise d’AINS est longue, plus le risque d’insuffisance cardiaque est élevé. Tout prend sens lorsqu’on sait que les AINS diminuent l’excrétion rénale d’eau et de sodium. Une molécule efficace contre la douleur sera consommée d’autant plus longtemps, pérennisant alors cet effet rénal. Par conséquent, une molécule comme le piroxicam, prescrite au long court, représentera un risque cardiovasculaire plus important qu’une prise courte d’ibuprofène.

Le risque cardiovasculaire associé à la prise d’AINS est bien réel et doit être pris en considération chez tous les patients. La FDA (Food and Drug Administration) a d’ailleurs adressé à tous les praticiens une lettre dans ce sens en juillet 2015. [7]

Le risque inhérent aux AINS justifie donc une évaluation de la balance bénéfice-risque pour chaque patient. Cependant, cette évaluation ne peut être faite correctement que si les patients nous indiquent qu’ils en consomment. Depuis qu’ils sont disponibles sans ordonnance et largement considérés comme « sûrs », beaucoup de patients n’avoueront pas leur consommation d’AINS, sauf si nous leur demandons spécifiquement. Et poser cette question est primordial en cas de risque cardiovasculaire.

Note : La Société Française de Cardiologie prend en compte les résultats des investigateurs danois et reprend les arguments de la FDA concernant la prescription d’AINS en cas de risque d’IDM ou d’AVC.

En France et depuis 2015, l'ensemble des AINS autres que l'aspirine mentionne un risque d'IDM et d'AVC. L'Agence Européenne du Médicament (EMA) a décidé en mai 2015 de mettre à jour le RCP (résumé des caractéristiques du produit) des spécialités contenant de l'ibuprofène, notamment afin d'intégrer les risques cardiovasculaires associés à un traitement à haute dose. L'utilisation du diclofénac a été restreinte en 2013.

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