Fibrillation auriculaire : les apnées centrales du sommeil seraient un facteur de risque

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

7 juillet 2017

Boston, Etats-Unis — Une étude américaine publiée dans le    Journal of the American Heart Association, associe les apnées     centrales du sommeil à l’apparition d’une fibrillation auriculaire (FA)     chez des sujets de plus de 40 ans [1].

3000 sujets d’âge moyen

L’association entre apnées du sommeil et troubles cardiovasculaires (HTA résistante,             insuffisance cardiaque) n’est pas nouvelle, et l’on retrouve ces apnées associées audiabète, à la    dépression, et     même au cancer.     S’agissant de la FA également, plusieurs études avaient signalé une     prévalence d’apnées du sommeil allant jusqu’à 60% des patients. Les apnées     avaient par ailleurs été associées à un taux de récurrence accru après     cardioversion ou ablation de FA.

La nouveauté du travail qui vient d’être publié tient d’une part à sa     méthodologie, puisqu’il s’agit d’une étude prospective, portant sur près de     3000 sujets d’âge moyen suivis durant plus de 5 ans, et d’autre part au     résultat, puisque les apnées centrales multiplient par 2 à 3 le risque     d’apparition d’une FA, mais que les apnées obstructives, elles, ne sortent     pas significativement.

« Des preuves commencent à être apportées, associant apnées centrales et     FA. Les apnées centrales pourrait être un marqueur d’anomalies du système     nerveux autonome, du chémoréflexe respiratoire, et de la fonction cardiaque     », écrivent les auteurs.

Apnées centrales et respiration de Cheyne-Stokes

L’étude porte sur des participants à la SHHS (Sleep Heart     Health Study), cohorte prospective constituée de sujets participants à     d’autres cohortes (Atherosclerosis Risk in Communities Study,     Cardiovascular Health Study, Framingham Heart Study, Strong Heart     Study,Tucson Epidemiologic Study of Obstructive Lung Disease, Tucson Health     and Environment Study, New-York University-Cornell Worksite and     Hypertension Study).

Tous les patients de la SHHS avaient bénéficié d’une polysomnographie,     réalisée au domicile. Les apnées étaient définies par l’arrêt complet ou     quasi complet de la respiration durant au moins 10 secondes. Les apnées     étaient qualifiées d’obstructives lorsque la pléthysmographie montrait des     efforts respiratoires durant l’apnée. Enfin, les hypopnées étaient définies     comme une baisse supérieure à 30% du flux d’air inspiré ou de l’amplitude     du mouvement respiratoire durant au moins 10 secondes.

Après exclusion des sujets présentant une FA à l’inclusion, ou     diagnostiquée par ailleurs (ou prenant des antiarythmiques), 2912 sujets     ont été inclus. Tous avaient eu un ECG à l’entrée (ne montrant pas de FA),     puis un second, à intervalle d’environ 4 ans. L’effectif était âgé de 63     ans en moyenne, comportait 55% de femmes (HTA : 38% ; diabète : 6% ; IMC :     28,2 kg/m2).

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