Infarctus rénal : modalités de prise en charge aux urgences

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

19 juillet 2017

Tests biologiques et scanner

Pour aider au diagnostic, le médecin dispose de quelques tests biologiques :

- et en premier lieu, l’élévation des lactates déshydrogénases, LDH (> 620 UI/L) qui dispose d’une sensibilité très élevée, supérieure à 95% selon les études, mais peu spécifique du fait de son statut de marqueur de la nécrose tissulaire [3,4,5] ;

- l’hyperleucocytose (> 10 x 109/L), un marqueur assez sensible (>70%) mais qui n’est le reflet que de l’inflammation liée à la nécrose tissulaire [3,4];

- la créatinine : qui peut être normale initialement et va s’élever au fil du temps avec la nécrose tissulaire ;

- la bandelette urinaire : on décrit classiquement une hématurie et une protéinurie, qui peuvent être négatives au temps initial.

- l’élévation des ASAT et des ALAT, décrite par certains auteurs.

« La cytolyse et une bandelette urinaire positive seraient des marqueurs prédictifs d’une insuffisance rénale séquellaire » signale l’urgentiste.

Le diagnostic positif est réalisé grâce au scanner, qui dispose d’une sensibilité supérieure à 95%, avec une spécificité de l’ordre de 100% (en mode injecté) [2,3,4]. L’objectif est de retrouver des lésions hypodenses, triangulaires, à bord net. Il permet aussi un diagnostic étiologique.

Traitements et perspectives d’avenir

En cas d’atteinte unilatérale, le traitement comprend une anticoagulation par HBPM (selon la fonction rénale du patient) [3,4,7]. Si l’atteinte est bilatérale, le recours est chirurgical (embolectomie) [4,7].

Le pronostic est triple. « Le taux de mortalité est de 10% à 1 mois après un infarctus rénal [2,7]. Le second enjeu concerne le capital néphrologique du patient puisque 20% développeront une insuffisance rénale séquellaire sévère [3,5]. Et en cas de cause embolique, le but est évidemment de prévenir des évènements emboliques secondaires de type AVC, ischémie mésentérique, ischémie des membres inférieurs, infarctus splénique » indique le Dr Fons.

Quant aux perspectives d’avenir, elles viendront plutôt de l’imagerie avec le développement de l’échographie doppler couleur ou encore de l’IRM rénal.

« Deux techniques avec une excellente sensibilité, qui permettent de s’affranchir de l’injection de produits néphrotoxiques, mais malheureusement peu disponibles actuellement en médecine d’urgence » regrette l’urgentiste parisien.

Les Take-home messages du Dr Guillaume Fons

Un diagnostic rare et une symptomatologie trompeuse

Dosage des LDH devant une douleur abdominale si âge > 50 ans et facteurs de risque cardiovasculaire

Réalisation d’un scanner abdomino-pelvien

Double enjeu : préserver la fonction rénale et éviter la survenue d’événements emboliques secondaires

 

Le Dr Fons a déclaré ne pas avoir de lien d’intérêt.

 

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