L’EPO booste-t-elle réellement les cyclistes ? Résultats d’une étude randomisée

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

30 juin 2017

Epreuves intensives vs épreuves d’endurance

Le critère primaire a consisté à évaluer la performance à l’exercice via différentes mesures (puissance maximale développée, consommation maximale d’oxygène, rendement). Pour l’épreuve sur route, les chercheurs ont aussi tenu compte des temps de course (critère secondaire).

Dans l’épreuve en laboratoire très intensive, les concentrations moyennes d’hémoglobine (9,6 mmol/L vs 9,0 mmol/L), de même que les paramètres relatifs à la performance (puissance maximale développée, consommation maximale d’oxygène) ont été plus élevés dans le groupe rHuEPO comparé au groupe placebo (voir tableau ci-dessous), et ce sont traduits par une amélioration de 5 et 4% respectivement. Le rendement, le rythme cardiaque et les autres paramètres respiratoires n’étaient pas différents entre les deux groupes.

Différence estimée sur la période de traitement

Différence estimée entre les groupes (IC95%)

Valeur p

Consommation max. d’oxygène (ml/min per kg)

Placebo

rHuEPO

57,415

60,121

2,707 (0,911 - 4,503)

0,0041

Puissance max. (W)

Placebo

rHuEPO

341,23

351,55

10,32 (3,47 – 17,17)

0,0040

Les épreuves d’endurance en laboratoire et sur route, quant à elles, n’ont pas mis en évidence de différence pour la puissance moyenne, la consommation d’oxygène et les temps de course étaient semblables entre les 2 groupes (environ 1h40min32 s vs 1h40min15s). Idem pour le rythme cardiaque et les taux de lactate.

Les effets secondaires ne différaient pas non plus entre les 2 groupes, sauf pour les marqueurs de la fonction endothéliale, que sont les sélectines E et P, significativement plus élevées dans le groupe rHuEPO, augmentant potentiellement le risque de thrombose.

Peut-on étendre ces résultats aux cyclistes professionnels ?

Pour le chercheur et premier auteur, Jules Heuberger (Centre for Human Drug Research) : « En utilisant les gold standard des études cliniques de la recherche sur le dopage, nous avons montré que si le rHuEPO augmente le niveau de performance de cyclistes bien entrainés sur les tests réalisés en laboratoire à intensité maximale. Des différences qui s’effacent totalement pendant les épreuves d’endurance et n’ont pu être détectées lors d’une course en vie réelle. Et l’objectif quand on prend de l’EPO, c’est d’améliorer ses performances pendant les courses, pas sur des épreuves intensives. »

Enfin, « si ces résultats s’appliquent aussi aux meilleurs cyclistes de notre étude, la question reste de savoir si on peut les étendre aux cyclistes professionnels ».

Le début de la remise en cause du caractère dopant de la rHuEPO ?

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