Schizophrénie : une revue Cochrane valide le bénéfice de la musicothérapie

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

6 juillet 2017

Bergen, Norvège – Ajoutée aux traitements conventionnels, la pratique de la musicothérapie semble apporter une aide aux patients souffrant de schizophrénie. Telle est le résultat d’une revue du groupe Cochrane dédiée à cette pathologie qui a colligé 18 études comprenant 1215 patients. Ces résultats, d’autant plus probant que les séances sont régulières et prolongées dans le temps, méritent, selon les auteurs, que l’on poursuive les recherches dans le domaine. Ils ont été publiés dans la Cochrane Database of Systematic Reviews [1].

Aucune connaissance musicale n’est nécessaire

La schizophrénie se caractérise par la perte de l’unité psychique et se traduit par une dissociation entre idées, émotions et attitudes. La pensée devient floue, discontinue. L’expression émotionnelle est sans rapport avec la situation. Le discours est parfois illogique, difficile à suivre et le langage perd sa fonction de communication. A ce titre, la musicothérapie – qui vise à rétablir, maintenir ou améliorer les capacités sociales, mentales et physiques – peut aider les personnes atteintes de ce trouble à développer des relations et/ou résoudre des problèmes qu’elles ne sont pas en mesure d’exprimer par la parole. Cette méthode thérapeutique utilise l’expérience musicale sous différentes formes (voir encadré ci-dessous). « Telle que pratiquée avec les patients atteints de pathologies psychiatriques, la musicothérapie fait souvent appel aux deux approches (actives et passives), précisent les auteurs [1]. Aucune connaissance musicale n’est nécessaire pour en tirer profit, la motivation suffit. »

Le musicothérapeute peut utiliser deux approches distinctes suivant les objectifs et les affections relevés [2] :
  • La musicothérapie « active », qui propose des exercices vocaux, rythmiques, d’improvisation instrumentale, ou même de composition de chansons, et dont le but est de favoriser l’expression de soi.

  • La musicothérapie réceptive, centrée sur l’écoute de la musique, qui permet d’agir sur la concentration, la mémoire et les émotions.

Pourquoi faire une revue de la littérature sur un tel sujet ? « Parce qu’à ses débuts, la musicothérapie a été le fait d’individus enthousiastes dans une petite série d’établissements (voir encadré), qui se sont appuyés sur des cas chez lesquels la technique a été appliquée avec succès. D’ailleurs, la mise à disposition de la musicothérapie reste très aléatoire selon les pays, et même au sein des établissements d’un même pays. Mais comme le métier de musicothérapeute se développe de plus en plus, et que cette thérapie est de plus en plus proposée dans les services de psychiatrie, le besoin de preuves tangibles de son intérêt se fait sentir » expliquent les auteurs, eux-mêmes musicothérapeutes.

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