POINT DE VUE

Revue de presse en cardiologie

Dr Walid Amara

Auteurs et déclarations

26 juin 2017

Dans cet article

Resynchronisation avec DAI : résultats d’une méta-analyse

La méta-analyse, publiée dans l'European Heart Journal, a inclus tous les essais randomisés ayant comparé le défibrillateur (DAI) à un groupe contrôle en prévention primaire.

Les essais, pour être incorporés dans l'analyse, devaient avoir inclus des patients présentant une altération de la fonction systolique ventriculaire gauche, avoir évalué l'effet sur la mortalité totale et rapporté le type de cardiopathie ischémique ou non.

La méta-analyse a inclus 11 essais notamment la fameuse étude DANISH, mais également les études CABG-Patch, MADIT I, MADIT II, CAT, AMIOVIRT, DEFINITE, DINAMIT, COMPANION, SCDHeFT et IRIS.

Un total de 8567 patients a été inclus dans l'analyse, dont 5439 patients avec une cardiopathie ischémique et 3128 patients avec une cardiopathie non ischémique.

Chez les patients avec une cardiopathie ischémique, il a été retrouvé un bénéfice du DAI avec une diminution de la mortalité de 24% (HR 0,76, IC à 95% 0,60-0,96; p=0,02).

Le résultat intéressant est retrouvé chez les patients avec une cardiopathie non ischémique. En effet, chez ces patients, le bénéfice du défibrillateur était également retrouvé avec une baisse de la mortalité de 24% (HR 0,76; IC à 95% 0,60-0,90; p=0,001).

Ces résultats ont d'autant plus de valeur que l'étude DANISH représentait 42% de l'effectif des patients avec cardiomyopathie dilatée non ischémique.

Ce que je retiens

Cette méta-analyse va à contre-sens de l'étude DANISH et de l'étude observationnelle citée plus haut. La méta-analyse publiée ici, comprenant DANISH, montre que le bénéfice du défibrillateur se maintient, même chez les patients ayant une cardiomyopathie dilatée non ischémique.

Rappelons que les recommandations européennes de prise en charge de l'insuffisance cardiaque publiées en 2016 continuent de donner une indication de classe I au défibrillateur chez les patients ayant une fraction d'éjection inférieure ou égale à 35% que la cardiopathie soit ischémique ou non.

Dans ma pratique, les patients pour lesquels on pourrait envisager de ne pas mettre de défibrillateurs sont, d'une part, les patients ayant des comorbidités telles que l'âge (au-delà de l'âge, lui-même, c'est l'espérance de vie qui compte), ou ayant une insuffisance rénale, et d'autre part, les patients ayant une fraction d'éjection > 30% avec une chance de voir leur fraction d'éjection passer au-dessus du seuil fatidique de 35% notamment sous l'effet des traitements médicamenteux et de la resynchronisation.

Référence :

Matthew J. Shun-Shin MJ et al. Implantable cardioverter defibrillators for primary prevention of death in left ventricular dysfunction with and without ischaemic heart disease: a meta-analysis of 8567 patients in the 11 trials, European Heart Journal (2017) 38, 1738–1746. doi:10.1093/eurheartj/ehx028

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....