POINT DE VUE

Olaparib dans le cancer du sein métastatique : 3 questions au Dr Saghatchian

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

8 juin 2017

Dr Mahasti Saghatchian

Chicago, Etats-Unis -- La preuve de concept de l'efficacité des anti-PARP dans les cancers du sein métastatiques BRCA muté est faite (voir notre article). Les résultats de l’étude OlympiAD, présentés en session plénière du congrès annuel de l' American Society of Clinical Oncology (ASCO) et publiés simultanément dans le New England Journal of Medicine [1,2], ont montré que, comparé à la chimiothérapie, l'olaparib (Lynparza®, AstraZeneca) diminuait le risque de progression du cancer de 42 %, soit un gain de 3 mois de survie sans progression, tout en étant mieux toléré. Peut-on parler de réelle avancée clinique ? Ces résultats ouvrent-ils de nouvelles perspectives aux patientes et aux médecins ? L’éclairage du Dr Mahasti Saghatchian (spécialiste du cancer du sein, Institut Gustave Roussy, Villejuif) en trois questions-réponses.

Medscape édition française : Dans l'étude OlympiAD, le gain en survie sans progression observé avec l'olaparib versus la chimiothérapie classique est-il vraiment une avancée clinique importante ?

Dr Saghatchian : Le gain en survie sans progression n'est pas majeur, il est de 3 mois, mais il faut se rappeler qu'il survient dans des maladies qui sont relativement agressives et dans lesquelles, souvent, nous n'avons pas d'autres options que la chimiothérapie qui grève la qualité de vie. Gagner 3 mois et gagner en qualité de vie, c'est très important.

Medscape : Y aurait-il un intérêt à associer chimiothérapie et olaparib ?

Dr Saghatchian : Des essais sont en cours pour évaluer ces associations mais, il faut vraiment considérer la qualité de vie des patientes avant tout. Ce que l'on pourrait gagner en survie sans progression, puisqu'il n'y a pas de bénéfice en survie globale, on risquerait de le perdre en qualité de vie en raison de la toxicité de la chimiothérapie.

Gagner 3 mois et gagner en qualité de vie, c'est très important.

Medscape : Jusqu'ici, les études évaluant les anti-PARP dans le cancer du sein s'étaient révélées négatives. Comment expliquer ces résultats positifs ?

Dr Saghatchian : Au début, les anti-PARP ont été testés chez les patientes triples négatives parce qu'elles sont souvent porteuses de mutations BRCA et parce qu'il existe un réel besoin de traitement pour ces tumeurs triples négatives.

Mais, contrairement à ce qui a été observé pour le cancer de l'ovaire, les études sur le sein ont montré qu'en l'absence de mutations BRCA, il n'y avait pas de bénéfice. C'est donc dans un deuxième temps que les patientes BRCA mutées ont été spécifiquement ciblées par ces traitements.

Aussi, outre le fait que les patientes ont été mieux sélectionnées, il faut savoir que le premier anti-PARP à avoir été évalué, le véliparib avait moins d'affinité pour le PARP. Il était donc moins efficace. L'olaparib est plus puissant et des nouvelles générations d'anti-PRP arrivent qui devraient l'être encore plus. L'olaparib ouvre la voie, l'indication est posée, il s'agit des patientes mutées BRCA, mais des molécules probablement plus efficaces vont arriver.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....