Fièvre avant trois mois : un arbre décisionnel pour ne pas passer à côté des infections graves

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

13 juin 2017

Marseille, France -- Pour le Dr Christine Gras-Le Guen (Nantes), « la consultation pédiatrique – généralement en urgence – pour fièvre chez le moins de 3 mois, doit être menée avec rigueur afin de ne pas passer à côté d’une infection bactérienne invasive. Tout retard diagnostic et thérapeutique augmente en effet la morbi-mortalité [1]».

Elle ajoute à l’occasion d’une session du Congrès de la Société Française de Pédiatrie, SFP 2017 , « il est aussi important de garder à l’esprit que tous les enfants ne doivent pas bénéficier d’examens complémentaires, d’antibiotiques et d’hospitalisation, car bien souvent leur état ne le nécessite pas. Pour parvenir à adopter une attitude qui ne soit pas délétère pour l’enfant, il est important de procéder à une évaluation et une stratification du risque infectieux fondé sur des paramètres cliniques (signes de gravité, apparence de l’enfant, point d’appel infectieux), anamnestiques (âge) et biologiques (bandelette urinaire, procalcitonine, CRP) ».

En moyenne, les moins de 3 mois fébriles souffrent :

- dans 1 à 4 % des cas d’infections bactériennes invasives (bactériémie, méningite) ;

- dans 7 à 19 % des cas d’infections bactériennes sévères (pyélonéphrite, pneumonie, gastro-entérite, infection osteo-articulaire).

En pratique, en France, plus de 90 % d’entre eux bénéficient d’examens complémentaires en cas de consultation pédiatrique, et 35 % sont traités par une antibiothérapie probabiliste.

Il est aussi important de garder à l’esprit que tous les enfants ne doivent pas bénéficier d’examens complémentaires, d’antibiotiques et d’hospitalisation, car bien souvent leur état ne le nécessite pas.

La recherche systématique de signes de gravité

L’existence de signes de gravité impose une hospitalisation dans un service de soins intensifs ou de soins continus, la réalisation d’hémocultures, une prescription d’antibiotiques et un remplissage.

Chez le tout petit, ces signes peuvent être :

-Hémodynamiques : fréquence cardiaque, pression artérielle systolique, perception des pouls centraux, signes d’hypoperfusion périphérique, précharge augmentée témoignant d’une dysfonction cardiaque ;

-Respiratoires : fréquence respiratoire, signes d’hypoxie (cyanose, saO2), signes de lutte ;

-Neurologiques : troubles de la conscience, agitation ;

-Cutanés : purpura > 3 mm, extensif, nécrotique ou ecchymotique.

Chez les moins de 3 mois, certaines infections bactériennes peuvent mettre en danger la vie de l’enfant. C’est le cas des infections néo-natales tardives (streptocoque B ; E. coli), d’infections communautaires (pneumocoque, méningocoque), d’infections bactériennes sévères (pyélonéphrite, pneumonie, gastro-entérite, infection ostéo-articulaire) et d’infections bactériennes invasives (bactériémie, méningite).

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....