Syndrome des ovaires polykystiques : quel risque cardiovasculaire ?

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

6 juin 2017

Normalisation avec l’âge

Les plus jeunes seraient donc les plus concernées. Menée en 2015, une large étude australienne a comparé les données produites après hospitalisation de femmes avec SOPK, à celles de femmes hospitalisées sans SOPK. Au total, plus de 2 500 femmes souffrant du syndrome ont été incluses [6].

Les résultats montrent que le taux d'admission pour infarctus du myocarde est quatre fois plus élevé chez les femmes avec SOPK, âgées en moyenne de 35 ans, par rapport à la population générale, à âge égal (0,8% vs 0,2%). Le taux d'admission pour AVC est, quant à lui, multiplié par trois (0,6% vs 0,2%).

Il faut toutefois rester prudent dans l'interprétation de ces résultats, souligne le Dr Carmina. « Une analyse portant sur des patients hospitalisés peut comporter des biais et les événements cardiovasculaires restent rares chez les femmes jeunes ». A 35 ans, la prévalence d’un infarctus du myocarde est de 1 pour 10 000 individus, rappelle-t-il.

Même si d'autres études sont nécessaires, « les données disponibles montrent que le nombre d'événements cardiovasculaires observé chez les femmes plus âgés avec un SOPK est beaucoup plus faible que ce que qui était attendu ». Ce qui suggère « une normalisation du risque avec l’âge ».

Instaurer une surveillance

Selon lui, les mécanismes pouvant expliquer cette normalisation ne sont pas encore expliqués. Mais, « il est probable que ce soit en lien avec l'atténuation du syndrome observé avec l'âge, chez la majorité des patientes, vraisemblablement à la suite de la baisse de sécrétion d'androgène par les ovaires ».

Quoi qu'il en soit, si le sur-risque cardiovasculaire est indéniable chez les femmes jeunes présentant un SOPK, le lien avec le syndrome n'est pas vraiment évident. « Il est difficile notamment de distinguer l'influence de l'obésité de celle du syndrome en lui-même », sans compter que ces facteurs sont potentiellement liés.

Si le sur-risque cardiovasculaire est indéniable chez les femmes jeunes présentant un SOPK, le lien avec le syndrome n'est pas vraiment évident.

Selon lui, « il est nécessaire de mettre en place une surveillance des femmes jeunes avec SOPK, surtout lorsqu'elles présentent une obésité ou développent un syndrome métabolique. Le diabète doit être pris en charge au plus tôt. »

En plus d'encourager la perte de poids, il convient d’inviter ces patientes à adopter de bonnes habitudes alimentaires et à modifier leur hygiène de vie, en pratiquant notamment une activité sportive régulière, ont conclu les intervenants, qui, au final, ont eu quelques difficultés à trouver des points de désaccord.

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