Comment répondre à un appel pédiatrique sans se mettre en danger ?

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

2 juin 2017

Marseille, France -- Les appels pour urgences vitales pédiatriques restent heureusement très rares, puisqu’ils ne représentent que 5 % des cas. Tous les autres recours sont en lien avec une urgence ressentie, un besoin de conseil ou de conduite à tenir. Urgences pédiatriques, Centre 15, cabinets de médecins… tous sont sollicités. Mais la réponse doit être formalisée pour éviter les plaintes. Un aide-mémoire a été proposé à l’occasion du Congrès de la Société Française de Pédiatrie, SFP 2017 [1].

Au sein des centres 15

En 2015, la HAS a défini la régulation téléphonique des centres 15 comme un acte médical gratuit et enregistré disponible 24 h sur 24 et qui aboutit à différentes réponses possibles : conseil médical, prescription médicamenteuse téléphonique, orientations vers une consultation non programmée, mise à disposition d’un transport sanitaire (ambulance, d’un moyen secouriste (VASB) ou d’une équipe de SMUR spécialisée. Les décisions doivent être consignées, traçables et suivies dans le temps.

Au sein des Centres 15, les médecins régulateurs travaillent de concert avec des Assistants de Régulation Médicale (ARM) qui sont les premiers contacts et orientent vers le médecin, des Gestionnaires de Moyens (GM) qui déclenchent la logistique des moyens qu’ils visionnent en continu par géolocalisation des véhicules.

« La régulation de l’urgence extrême de l’enfant (arrêt cardio-respiratoire par noyade, accident, brulure…) est bien codifiée : le SMUR est déclenché mais suivant la localisation de l’appel, un envoi d’un VASB (si possible avec un médecin ou un appel au correspondant SAMU). Les appelants doivent rester en ligne jusqu’à l’arrivée des secours », explique le Dr Elisabeth Daussac (SAMU 31, Toulouse).

En dehors de l’extrême urgence, un « fil rouge » doit être suivi au cours de l’entretien – qui se veut bienveillant – afin de ne pas passer à côté d’une urgence. Il convient d’abord de privilégier l’écoute avec un exposé du motif de l’appel et de l’histoire récente de l’enfant. Dans un deuxième temps, l’interrogatoire est orienté – selon l’âge de l’enfant – à la recherche de signes de gravité puisque les appelants sont les « yeux » du régulateur, mais qu’ils sont, par principe subjectifs.

Bien sûr, la situation est particulièrement complexe en cas de difficultés de compréhension liées à une mauvaise maitrise de la langue, de panique de l’interlocuteur, ou chez les mal ou non-entendants (qui recourent aux SMS par le biais du 114).

Le « fil rouge » du régulateur

Comment apprécier les fonctions vitales d’un enfant par téléphone ? La conversation doit durer une dizaine de minutes, ce qui est parfois vécu comme un temps très long par les appelants.

-La conscience : enfant éveillé, réveillable à la stimulation verbale ou douloureuse

-La respiration en faisant déshabiller l’enfant : normale, signes de lutte (à expliquer par des mots adaptés à l’interlocuteur), auscultation téléphonique des bruits décrits comme anormaux par l’appelant, faire parler l’enfant dès qu’il est en âge de le faire

-La coloration : normale, pâleur, rougeur, cyanose, marbrures, éruption, purpura

-Le tonus : selon l’âge, tête tenue, position assise, debout, quatre pattes

-Le comportement général : jeux, pleurs, enfants inconsolables, interactions avec les parents

-L’alimentation

-Les antécédents personnels et familiaux en sachant que les coordonnées de certains patients qui souffrent de pathologies remarquables sont intégrées dans les logiciels de régulation et le dossier est qualifié d’urgent à chaque appel.

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