Attentat de Manchester : les enfants premières victimes

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

24 mai 2017

Manchester, RU --L’attentat suicide qui a eu lieu à la sortie du concert d’Adriana Grande au Manchester Arena le 22 mai 2017 a blessé plus de 60 spectateurs et a causé la mort de 22 personnes (dont 12 âgés de 8 à 50 ans avaient été identifiées le 24 mai).

Mise en place d’un PMA selon les recommandations

Le déploiement des secours a été réalisé selon les recommandations britanniques mises en place depuis les années 2000 et appliquées dans tout le pays. Manchester, comme la plupart des grandes villes en Angleterre, est dotée d’un réseau de soins pour les patients victimes de traumatismes. Initialisé en 2002, il définit les centres hospitaliers de recours en fonctions de leur capacités à prendre en charge les blessés et non selon leur proximité par rapport au lieu de l’événement.

A Manchester, les trois principaux « Trauma centers » sont la Salford Royal Infirmary, le Wythenshawe Hospital et la Manchester Royal Infirmary.

Dès l’annonce de l’attentat, le NHS par le biais du North West Ambulance Service a dépêché 60 ambulances sur les lieux de l’attentat de la Manchester Arena. Ces ambulances ont été déployées en appui au Poste Médical Avancé (PMA) où 59 personnes ont été prises en charge, triées et soignées.

Les principes de Damage Control ont été mis en place dès la scène de l’attentat : utilisation de garrots tourniquets, contrôle des hémorragies (en particulier en cas de traumatismes des membres inférieurs)

Les victimes ont ensuite été transportées en ambulance vers huit hôpitaux locaux : 9 au Manchester Royal, 6 au Salford, 6 au Wythenshawe, 12 enfants de moins de 16 ans au Manchester Children’s, 6 au Stepping Hill, 8 au Royal Bolton, 7 au Royal Oldham et 5 au North Manchester.

Par ailleurs, une vingtaine d’enfants ont été conduits sans régulation par leurs proches au Manchester Children’s Hospital.

Les réseaux sociaux en première ligne

En raison des limites des possibilités de communications téléphoniques qui ont été constatées lors des précédents attentats, la voie des réseaux sociaux a été privilégiée.

Les services d’ambulance ont communiqué à la population par le biais de Twitter leur demandant de réserver leurs appels aux services de secours qu’aux véritables urgences.

Les personnels des services de secours devaient entrer en contact par mail avec les centres de référence. Seules les soignants contactés devaient se rendre dans les hôpitaux et ce, munis de leur badge d’identification.

Les équipes ont répondu en nombre aux appels à volontaires et des remerciements individuels sont relayés sur les réseaux sociaux. C’est le cas de Hôpitaux du NHS de Manchester dont l’hôpital pédiatrique Royal Manchester Children’s fait partie, qui rend hommage au dévouement du personnel envers les blessés et les familles.

Niall Dickson, chef des opérations pour le NHS a salué ses représentants en soulignant « que la coordination avec les autres services de secours a permis une réponse à cet incident majeur. C’est à des moments de ce type que la Société peut prendre conscience de l’importance du service de santé dans la vie de tous les britanniques ».

Le Royal College of Emergency Medicine remercie tout le personnel des services de soins de la région du Grand Manchester.

Pour prévenir les conséquences psychologiques le NHS a immédiatement mis en place un service de soutien psychologique aux soignants.

Pourquoi les enfants sont plus vulnérables anatomiquement et physiologiquement aux lésions liées à un attentat ?

  • Risque plus élevé de blessures à la tête puisque la tête est plus volumineuse que le corps.

  • Susceptibilité à l’hypothermie du fait d’un ratio surface corporelle/poids augmenté.

  • Répartition anatomique des blessures et écrasement en cas de mouvements de foule en raison de la proximité du sol.

  • Atteintes viscérales multiples car les organes internes sont concentrés sur une faible surface.

  • Obstruction rapide des voies aériennes qui sont plus étroites avec abondance de tissus mous.

  • Hypoxie précoce par consommation d’oxygène supérieure à celle des adultes. L’hypoxie est la première cause d’arrêt cardio-respiratoire chez l’enfant.

  • Survenue rapide d’un choc hémorragique du fait du petit volume circulant (70 à 80 mL/kg), mais hypotension artérielle tardive car les mécanismes de compensation du choc sont plus efficaces chez l’enfant que chez l’adulte.

  • Risque augmenté de pneumothorax sous tension car le médiastin est plus mobile.

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