Attentat de Nice : retour d’expérience de l’hôpital pédiatrique CHU-Lenval

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

24 mai 2017

Marseille, France --Le 14 juillet 2016 à 22 h 33, un camion a percuté volontairement la foule venue assister au feu d’artifice sur la Promenade des Anglais. 86 personnes sont mortes dont 10 enfants, 443 ont été blessées, 30 000 ont assisté à la scène. Les médecins des urgences de l’hôpital pédiatrique de Nice CHU-Lenval (Drs Hervé Hass et Philippe Babe), et une des pédopsychiatres, le Dr Florence Askenazy ont pris la parole au Congrès de la Société Française de Pédiatrie, SFP 2017, pour échanger sur l’expérience douloureuse vécue par la population et  leurs équipes.

Le 14 juillet 2016 à 22 h 30 aux urgences pédiatriques du CHU-Lenval

Le 14 juillet 2016, le personnel des urgences pédiatriques de l’hôpital CHU-Lenval était en nombre : un réanimateur, un anesthésiste, deux urgentistes, trois internes de médecine, un interne de chirurgie et un externe. Ils étaient préparés à vivre un week-end un peu difficile mais sans plus, en cette période de vacances scolaires. Les équipes avaient été mobilisées depuis le mois de mai 2016 pour la préparation du plan blanc « Euro 2016 » puisque trois matchs de la compétition avaient lieu dans cette ville. Une mise en situation avait été réalisée le 3 mai 2016 à 22 h 30 avec un accueil de 6 urgences absolues (UA) souffrant de plaies délabrantes.

Le soir de l’attentat, en raison de la proximité du CHU-Lenval avec les lieux de l’attentat, 10 victimes – adultes et enfants souvent dans un état très grave - ont été déposées aux urgences sans aucun triage préalable. Ce sont les accompagnants qui ont prévenu les équipes soignantes de la gravité des faits. Le Plan Blanc a été déclenché à 22 h 45 : une partie du personnel avait pour mission de s’occuper des patients déjà présents aux urgences et de libérer des lits, l’autre s’est préparé à faire face à un afflux massif de victimes en modifiant le circuit d’accueil des urgences.

En moins de deux heures, 44 patients – adultes ou enfants, amenés par leurs familles ou des témoins – ont été admis.

Parmi les douze adultes pris en charge, 5 étaient en situation d’urgence absolue (UA) (4 sont décédés rapidement), 6 étaient en urgence relative (UR) et un en urgence mineure (UM).

Au total, 32 enfants ont été admis : 7 en UA (dont 2 sont décédés), 21 en UR et 4 en UM.

Les enfants et adultes sont morts des suites de chocs hémorragiques par traumatisme multiple.

Deux patients souffrant de choc hémorragique ont été admis immédiatement au bloc, au total, six interventions chirurgicales ont été effectuées pendant les 24 premières heures.

En réanimation, deux PIC (mesure de pression intra-crânienne) ont été posées, 4 patients ont été intubés, 3 enfants ont été stabilisés avant un bloc différé à 36 h, un adulte a été transféré au CHU Pasteur (CHU adulte) et un enfant est décédé.

Entre minuit et 5 h du matin, 13 scanners ont été réalisés, dont 10 corps entiers. La grande majorité des 12 patients admis au bloc ou en réanimation souffraient de traumatisme crânien (63,3 %), de lésions abdominales (36,4 %), de fractures des membres inférieurs (36,4 %),  médullaires, thoraciques, ou pelvienne (27,3% chacune des causes).

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