Au Canada, des recommandations pour déprescrire les IPP

Vincent Bargoin, avec Nicola M. Parry

Auteurs et déclarations

29 mai 2017

Ottawa, Canada —  En 2015, le Ministère de la Santé de l’Ontario établissait une liste des médicaments à déprescrire en priorité, en particulier chez les séniors, et annonçait son intention de publier des recommandations de déprescriptions. Cette liste comportait notamment les IPP. S’agissant de leur déprescription, le Collège des Médecins de famille du Canada vient de passer à l’acte, en publiant des recommandations en bonne et due forme [1].

La liste des médicaments à déprescrire, établie par les autorités de santé de l’Ontario en 2015 comportait, outre les IPP, les benzodiazépines, les antipsychotiques atypiques, les statines, les antidépresseurs tricycliques, les anticholinergiques de l’incontinence urinaire, les antipsychotiques de 1ère génération, les inhibiteurs de la cholinestérase, les opiacés, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, les bisphosphonates, les anticonvulsivants, les bêtabloquants, les antiplaquettaires.

Le document comporte essentiellement trois messages.

Chez les sujets de plus de 18 ans présentant des symptômes du tube digestif supérieur, qui ont suivi au moins 4 semaines de traitement par IPP, au terme desquelles les symptômes ont été résolus, il est recommandé :

  • De réduire la dose quotidienne d’IPP, ou d’arrêter le traitement, et de proposer une prise à la demande. La recommandation est qualifiée de « forte », même si les preuves sont de « faible qualité ».

  • Les anti-H2 peuvent être envisagés comme alternative aux IPP, mais il s’agit d’une recommandation « faible », basée sur des preuves de qualité « modérée ».

  • Enfin, la déprescription d’IPP est sans risque, les auteurs soulignant que leur recherche documentaire n’a permis d’identifier aucun effet secondaire sérieux de la déprescription.    

On note cependant que « les recommandations ne s’appliquent pas au cas de patients qui présentent, ou ont présenté un œsophage de Barrett, une oesophagite de grade C ou D, ou des antécédents de saignements d’ulcère gastro-intestinal ».

Par ailleurs, des travaux supplémentaires mériteraient d’être menés sur « la déprescription chez les personnes âgées fragiles, et sur les schémas thérapeutiques minimums ou les traitements alternatifs », estiment les auteurs.

En attendant, un algorithme très complet proposé par les canadiens devrait faciliter les choses au médecin déprescripteur.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....