Cholesterol or not cholesterol: that is the question

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

19 mai 2017

Dr Aseem Malhotra

Stevenage, Royaume-Uni – Alors qu’un panel de cardiologues et d’endocrinologues de l’European Atherosclerosis Society (EAS) vient de faire             la preuve par 7 des liens entre LDL cholestérol et des maladies         cardiovasculaires         (MCV) via l’athérosclérose, le Dr Aseem Malhotra (Lister     Hospital, Stevenage, UK), poil à gratter de la cardiologie anglaise (voir encadré), signe avec deux confrères acquis à la cause, un éditorial dans le    Br J Sports Med, martelant une fois de plus que les graisses     saturées ne sont pas responsables de l’encrassage des artères et que les     modifications de style de vie (alimentation, activité physique) sont le     traitement de choix des MCV [1].

« Associer une approche qui comprenne une alimentation saine, une activité     régulière et la réduction du stress augmente la qualité de vie et réduit la mortalité CV et de toute cause, assurent les Drs A. Malhotra,    Rita F. Redberg (University of California, San Francisco)     et Pascal Meier (University College London, UK). Il est     temps de se détourner du message délivré jusqu’ici au public en termes de     prévention et de traitement des maladies coronariennes consistant à mesurer     son taux de lipides sanguins et à réduire ses apports en graisses saturées.     La maladie coronarienne est une pathologie inflammatoire chronique sur     laquelle on peut agir en marchant 22 minutes quotidiennement et en mangeant     de la vraie nourriture ».

Un message qui n’est évidemment pas sans rappeler celui que martèle depuis     10 ans le Dr Michel de Lorgeril (voir notre article de 2007), et que reprenait le documentaire intitulé «             Cholestérol : le grand bluff         », diffusé en octobre dernier par Arte.

Changement de paradigme urgent sur les graisses

Le Dr Malhotra, et ses deux collègues cardiologues, n’y vont pas par quatre     chemins : « la pathogenèse et le traitement des maladies coronariennes     requièrent un changement de paradigme urgent. En dépit de la croyance     partagée par les médecins et le public, le modèle conceptuel qui veut que     les graisses alimentaires saturées alimentaires bouchent les tuyaux est juste totalement fausse » assènent-ils en préambule de leur éditorial    [1]. Le ton est donné.

Sans citer de chiffres, mais en s’appuyant sur des « études     observationnelles et des méta-analyses de référence », les trois     cardiologues affirment l’absence de lien entre la consommation de graisses     saturées et 1) la mortalité toute cause, 2) la maladie coronaire 3) la     mortalité par maladies coronaires 4) l’AVC ischémique et 5) le diabète de     type 2 chez des adultes en bonne santé. Pour enfoncer le clou, les auteurs     évoquent une étude chez des femmes post-ménopausées avec une maladie     coronaire montrant qu’un régime riche en graisses saturées est associé à     une moindre progression de l’athérosclérose (angiographie) alors qu’un     apport riche en gras insaturés et en carbohydrates favoriserait la     progression des lésions athérosclérotiques.

Le « véritable tueur », selon les trois cardiologues, c’est     l’athérosclérose en elle-même et non le cholestérol. Il importe donc de la     prévenir, non pas en focalisant sur les graisses, mais en s’attaquant à la     vraie responsable : l’inflammation chronique qui contribue au dépôt de     cholestérol et à la formation de plaques. D’ailleurs, disent-ils, la     plupart des évènements cardiaques se produisent dans des zones avec moins     de 70% d’obstruction, et la pose de stents au niveau de lésions     obstructives stables ne permet pas de prévenir les infarctus ou de réduire     la mortalité.

L’hygiène de vie avant tout

Le corollaire de cette affirmation, c’est que « l’emphase mise pendant des     décennies sur l’importance de baisser le cholestérol, comme s’il s’agissait     d’une fin en soi, fondé sur un marché reprenant l’argument (comme indiqué     sur les emballages alimentaires) « A démontré qu’il fait baisser le     cholestérol », comprenant des produits « Pauvres en gras » et des médicaments,     est une approche erronée ».

Comment prévenir l’athérosclérose ? En luttant contre la résistance à     l’insuline et l’inflammation. Pour y arriver, les auteurs préconisent, non     pas des anticholestérolémiants, mais une bonne hygiène de vie. En première     ligne, l’adoption du régime méditerranéen, soit une alimentation qui     favorise les graisses au dépend des sucres, de l’activité physique, comme     la marche rapide à raison de 30 minutes 3 fois par semaine, et la gestion     du stress.

Et pour diffuser ce message simple mais puissant, « pas besoin de "business model", ni de plan marketing», précisent les éditorialistes.

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