Intolérance ou hypersensibilité au gluten ? Les pièges diagnostiques

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

15 mai 2017

Hypersensibilité au gluten non cœliaque : le régime sans gluten, ça ne mange pas de pain

On évoque aujourd’hui de plus en plus une autre entité, l’hypersensibilité au gluten non cœliaque, face à des symptômes digestifs et extradigestifs déclenchés par l’ingestion de gluten qui disparaissent ou s’améliorent avec l’exclusion du gluten et récidivent lors de la ré-introduction du gluten chez des patients pour lesquelles on ne trouve pas de maladie cœliaque (pas d’atrophie villositaire), ni d’allergie au gluten. Il n’existe à ce jour aucun rationnel scientifique clairement établi : « on ne connait ni sa prévalence, ni s’il s’agit d’un syndrome de l’intestin irritable, d’une hypersensibilité intestinale ou d’une forme un peu dégradée de MC. Il n’y a ni tests diagnostiques, ni corrélation avec le typage HLA, ni marqueurs disponibles ». L’imputabilité même du rôle du gluten reste à démontrer. La démarche diagnostique consiste en un test diagnostique thérapeutique qui vise à supprimer le gluten, à évaluer la réponse clinique, puis à faire un test de réintroduction idéalement en aveugle contre placebo pour voir si les symptômes réapparaissent [7]. Si c’est effectivement le cas : on peut adopter un RSG, car il n’a aucune complication connue. « Le régime sans gluten, ça ne mange pas de pain » a l’habitude de dire le Pr Cellier.

Pas de complications, mais pas de bénéfices non plus

S’il n’y a pas de complications connus au RSG, peut-on aller jusqu’à en attendre des bénéfices chez les non-malades ? Chez les sportifs, dont beaucoup s’auto-diagnostiquent sensibles au gluten, l’éviction du gluten à court terme n’a apporté aucun bénéfice sur les symptômes gastro-intestinaux, la sensation de bien-être, les lésions intestinales, et les réactions inflammatoires de type «sensibilité au gluten non cœliaque» (SGNC) [8].

Preuve que le sujet est d’actualité, une étude parue la semaine dernière a, par ailleurs, révélé que le régime sans gluten en l’absence de MC ne confère aucune protection cardiovasculaire [9]. A l’inverse, l’éviction du gluten pourrait résulter en un régime pauvre en céréales complètes, dont les bénéfices sur le risque cardiovasculaire ont été démontrés.

 

Le Pr Christophe Cellier n’a pas de liens d’intérêt avec le sujet.

 

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