Sacubitril/valsartan : l’hypotenseur qui améliore les dysglycémies des insuffisants cardiaques

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

2 mai 2017

Washington, DC     -- Encore une publication des données post-hoc de l’étude             PARADIGM-HF         qui fait les beaux jours de l’actualité sur l’insuffisance cardiaque depuis     quelques 2014. Cette fois-ci, ce sont les effets de l’association     sacubitril/valsartan (Entresto®, Novartis) qui ont été analysés chez les     diabétiques et publiés dans le Lancet Diabetes Endocrinology     [1,2]. Et cette population serait la plus à même de bénéficier de ce     traitement de l’insuffisance cardiaque en cas de dysglycémies en faisant     baisser le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) de 26 % pendant la première     année (contre 16 % pour l’énalapril).

Cette différence s’est par ailleurs maintenue pendant les 12 mois de suivi.     Le recours à l’insuline ou à de nouveaux antidiabétiques oraux a été     diminué nettement dans le bras inhibiteur de la néprilysine (Entresto®)     puisqu’une baisse respective de 30 % et de 23% des nouvelles prescriptions     a été notée chez ces patients, par rapport au groupe de référence.

Ces résultats ont été notés, quelle que soit l’intensité de la baisse de la     fonction d’éjection ventriculaire systolique.

        Le cercle vicieux de l’insuffisance cardiaque et des dysglycémies    

Ce résultat est particulièrement important pour les patients dysglycémiques     souffrant d’insuffisance cardiaque tant ces deux conditions pathologiques     sont intriquées. L’hyperglycémie augmente en effet la masse ventriculaire     gauche, aggrave la dysfonction diastolique et réduit légèrement la fraction     d’éjection systolique, y compris chez les patients ne souffrant pas de     pathologie cardio-vasculaire. Globalement, on considère que toute     augmentation de 1 % du taux d’HbA1c augmente le risque annuel     d’hospitalisation ou de décès lié à une poussée d’insuffisance cardiaque.

 
Toute augmentation de 1 % du taux d’HbA1c augmente le risque annuel     d’hospitalisation ou de décès lié à une poussée d’insuffisance cardiaque.
 

Lorsque l’insuffisance cardiaque est installée, le risque de majoration des     dysglycémies est lui aussi plus important : l’activation chronique du     système rénine-angiotensine et la baisse de sécrétion du peptide     natriurétique induit des troubles métaboliques lipidiques et une résistance     à l’insuline.

Il est précisé que les auteurs ont choisi d’étudier l’impact d’Entresto®     chez les diabétiques car en phase préclinique, l’association     sacubitril/valsartan avait permis d’améliorer la sensibilité à l’insuline,     accompagné d’un impact sur l’élimination des lipides et l’oxydation.

Moins de médicaments, moins de complications

Pour les Drs Gergory Giamouzis et    Javed Butler (New York, Etats-Unis) qui analysent les     résultats dans un éditorial, ces résultats sont une bonne nouvelle pour les     dysglycémiques souffrant d’insuffisance cardiaque puisque certains     médicaments antidiabétiques aggravent les symptômes de la pathologie     cardiaque et que certains traitements de l’insuffisance cardiaque majorent     le risque de dysglycémies (bêtabloquants, diurétiques).

Les éditorialistes ajoutent que cette option thérapeutique pourrait     permettre de limiter le nombre des traitements quotidiens de cette     population dont la compliance est souvent limitée par le nombre important     des prescriptions. Ils précisent toutefois que les prescripteurs doivent     être rapidement informés de l’effet d’Entresto® sur la glycémie afin     d’adapter les traitements pour ne pas exposer les patients à un risque     d’hypoglycémie.

 

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