Hépatite B : nouvelles recommandations européennes

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

28 avril 2017

Un suivi étroit requis

La difficulté prévisible sera le suivi des patients.

« Les analogues nucléosidiques ne peuvent être interrompus que chez les patients qui peuvent être étroitement suivis, avec des dosages réguliers d’ALAT et d’ADN viral durant au moins un an après l’interruption. Malheureusement, aucun prédicteur fiable de la rémission post-traitement n’a été identifié à ce jour. Les critères de reprise du traitement sont également importants, mais restent à déterminer », est-il écrit dans les recommandations.

En pratique, dans les essais européens d’interruption, une visite de suivi a été instaurée tous les 15 jours : un rythme contraignant, donc. Il faut vérifier dans quelle mesure un tel suivi est réalisable avant d’interrompre le traitement. Il semble d’ailleurs que certains patients refusent l’interruption au motif que le suivi serait alors trop lourd – ce que le Pr Thomas Berg (Université de Leipzig) qualifie « d’effet secondaire de l’interruption ».

« De toutes façons, un certain nombre de patients vont arrêter d’eux-mêmes leur traitement » a cependant relevé le Pr Georges Papatheodoridis (Université d’Athènes). « Donc autant que la manœuvre soit encadrée ».

Un rythme de surveillance plausible, et le cas échéant, des critères de réinstauration raisonnables, sont largement une question de bon sens. « Chez les patients qui interrompent le traitement, il parait cliniquement raisonnable d’appliquer comme critère de réinstauration, les critères d’indication utilisés chez les patients naïfs », indiquent les recommandations.

Recherche : le programme HBV Cure de l’ANRS

Au-delà de ses recommandations de prise en charge, l’EASL discute les efforts de recherche clinique pour la découverte et la validation de nouveaux biomarqueurs de guérison de l’hépatite B, ainsi que pour la découverte de nouveaux antiviraux et leur évaluation dans le cadre d’essais cliniques pour augmenter le taux de guérison fonctionnelle (perte de l’AgHBs). La France participe activement aux programmes de recherche thérapeutique contre le VHB à l’échelon international, notamment grâce à l’action coordonnée AC34 « HBV cure » de l’ANRS (http://www.anrs.fr/Hepatites-virales-B-et-C/Clinique/Actualites/Une-nouvelle-priorite-a-l-ANRS-HBV-Cure)

Les déclarations d’intérêt des auteurs figurent dans la publication.

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