Hépatite B : nouvelles recommandations européennes

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

28 avril 2017

Le TAF est une prodrogue du tenofovir, qui dispose d’une AMM européenne. « Son efficacité antivirale est identique à celle du tenofivir disopoxil fumarate, mais elle est associée à moins d’effet rénaux et osseux », explique le Pr Zoulim.

« Chez un patient qui présente un problème rénal ou une densité minérale osseuse faible, que ces anomalies soient liées à un traitement antérieur par tenofovir ou à une pathologie autonome, il serait justifié de choisir le TAF ». Il reste à voir quelles seront les conditions d’accès au traitement dans les différents pays.

En commentant les nouvelles recommandations, le Pr Kosh Agarwal (King’s College Hospital, Londres) a toutefois indiqué que pour le moment, la diminution des risques rénal et osseux avec le TAF par rapport au TDF, a été constaté sur des marqueurs. Le bénéfice clinique reste à démontrer.

Extension des interruptions de traitement

Enfin, troisième évolution qualifiée de « totalement nouvelle » par le Pr Lambertico : l’interruption du traitement, jusqu’à présent possible en cas de disparition de l’antigène HBs, est étendue à certains patients « sélectionnés », HBe négatifs et chez lesquels l’ADN viral reste indétectable dans le sérum.

« Un traitement à long terme, peut-être à vie, est généralement prescrit aux patients HBe négatifs, l’interruption n’étant considérée comme sure qu’avec la disparition de l’HBs », écrivent ainsi les auteurs des recommandations.

Toutefois, « des données récentes, provenant principalement d’Asie [ainsi que d’études grecque et allemande], suggèrent que les antiviraux nucléosidiques peuvent être interrompus chez les patients HBe négatifs et chez lesquels l’ADN VHB est indétectable lors de 3 mesures espacées d’au moins 6 mois ». L’interruption du traitement doit s’accompagner d’une surveillance clinique stricte pour s’assurer de l’absence de réactivation virale ou pour redémarrer rapidement un traitement antiviral en cas de réactivation.

L’interruption du traitement en cas de disparition « confirmée » de l’antigène HBs est donc maintenue, mais le traitement peut également être interrompu :

-chez les patients non cirrhotiques, HBe positifs, en cas de séroconversion AgHBe stable et si l’ADN viral reste indétectable après 12 mois de traitement de consolidation (II-2, 2). Les recommandations précisent qu’une « surveillance étroite après l’interruption est exigée ».

-Chez des patients non cirrhotiques, HBe négatifs, après 3 ans au moins de suppression virologique. Les recommandations soulignent qu’il doit s’agir de patients « sélectionnés », et souligne qu’un suivi étroit doit pouvoir être « garanti » (II-2,2).

Selon le Pr Lambertico, cette dernière recommandation, notamment, a été « très discutée », et constitue « une étape majeure ».

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