Hépatite B : nouvelles recommandations européennes

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

28 avril 2017

Indications au traitement élargies

S’agissant du traitement de l’infection, l’EASL définit les indications suivantes.

« Doivent être traités » (niveau de preuve I, grade 1) :

-Les patients porteurs d’une hépatite B chronique : ADN VHB > 2000 UI/mL et ALAT > limite supérieure de la normale (LSN) et/ou au moins une nécroinflammation hépatique modérée, ou une fibrose, quel que soit le statut de l’antigène HBe.

-Les patients avec cirrhose compensée ou décompensée, dès lors que l’ADN viral est détectable, (quel que soit son taux et quelles que soient les ALAT).

Par ailleurs, « devraient commencer un traitement » (II-2, 1) les patients présentant un ADN viral > 20.000 UI/mL et des ALAT > 2xLSN, et ce quel que soit le degré de la fibrose.

Enfin « peuvent être traités » (III,2) :

-Les patients porteurs d’une infection chronique HBe positive, avec ALAT normales et ADN VHB élevé, quelle que soit la sévérité des lésions histologiques peuvent être traités au-delà de l’âge de 30 ans.

-Les patients porteurs d’une infection chronique HBe positive ou négative, et présentant des antécédents familiaux (carcinome hépatocellulaire ou cirrhose) ainsi que des manifestations extrahépatiques, peuvent être traités, même en l’absence des critères typiques de l’indication du traitement.

Ces évolutions ont été qualifiées de « changement majeur dans la pratique clinique » par Pr Lambertico. « Le message clé est que toutes les données depuis 10 ans tendent à élargir l’indication des antiviraux ».

« On savait que l’infection par le VHB, même silencieuse, peut donner un cancer », explique le Pr Zoulim. « La nouveauté, qui justifie l’évolution des pratiques, est qu’avec 10 ans de recul, le rapport bénéfice/risque du traitement apparait très clairement favorable».

Le tenofovir alafenamide (TAF) pour réduire le risque osseux et rénal

Seconde innovation : l’apparition du tenofovir alafenamide (TAF) dans les recommandations de traitement du patient naïf.

L’EASL rappelle en premier lieu, qu’un antiviral « peu sujet aux résistances, est le traitement de choix, quelle que soit la sévérité de l’atteinte hépatique » (I,1).

De ce fait, les traitements recommandés en monothérapie sont l’entecavir (ETV), le tenofovir disoproxyl fumarate (TDF : forme originale), et le tenofovir alafenamide (TAF).

En revanche, la lamivudine (LAM), l’adefovir (ADV) et la telbivudine (TBV) ne sont « pas recommandés comme traitement de l’hépatite B chronique ».

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