Tératogénicité : outre la Dépakine, quid des autres antiépileptiques ?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

28 avril 2017

Saint-Denis, France — En plus de dévoiler les chiffres de malformations congénitales liées à la prise d’acide valproïque (Dépakine et Gé) (voir article Medscape ), l’ANSM apporte un éclairage nouveau sur les risques de tératogénicité associés aux autres traitements de l’épilepsie et des troubles bipolaires (rappelons que dans l’affaire de la Dépakine, un certain nombre de femmes enceintes étaient traitées à visée thymorégulatrice) [1].

D’après l’étude de l’ANSM réalisée entre 2011 et 2015 à partir des données du SNIIRAM, le risque de malformations congénitales majeures serait moins marqué pour les autres médicaments de l’épilepsie et des troubles bipolaires, néanmoins les effectifs sont moins importants. Les résultats mettent toutefois en évidence, pour certains produits, des risques de malformations sévères encore jamais observés avant cette analyse.

Moins de risques avec les autres antiépileptiques ?

L’étude de l’ANSM montre que les autres antiépileptiques sont globalement associés à moins de malformations congénitales sévères que l’acide valproïque (voir encadré). En outre, il existe des différences en fonction des substances en jeu (voir ci-dessous).

Exposition aux autres médicaments de l’épilepsie :

Lamotrigine (Lamictal® et Gé.) (N=2 950) : risque significativement plus élevé de communication interauriculaire (OR : 1,8) et augmentation non significative du risque de communication inter-ventriculaire et de coarctation de l’aorte.

Carbamazépine (Tegretol® et Gé.) (N=487) augmentation non significative du risque de fente palatine.

Prégabaline (Lyrica® et Gé.) (N=1 691) : risque significativement plus élevé de coarctation de l’aorte (OR : 5,5) et augmentation non significative du risque de communication inter-auriculaire et de craniosténose.

Clonazépam (Rivotril® et Gé.) (N=988) : risque significativement plus élevé de microcéphalie (OR : 9,4).

Topiramate (Epitomax et Gé.) (N=521) : risque significativement plus élevé de fente labiale (OR : 6,7) et augmentation non significative du risque d’hypospadias.

Phénobarbital (Gardenal® et Gé.) (N=80) : risque significativement plus élevé de communication inter-ventriculaire (OR : 9,8).

Le risque de malformations ne différait pas selon l’exposition in utero aulévétiracetam (Keppra® et Gé.) (N=594), à l’oxcarbazépine (Trileptal® et Gé.)(N=140) et à la gabapentine (Neurontin® et Gé.) (N=372).

Exposition aux autres médicaments des troubles bipolaires :

Rispéridone (Risperdal® et Gé.) (N=507) : risque significativement plus élevé de communication inter-auriculaire (OR : 5,5).

Quétiapine (Xeroquel® et Gé.) (N=219) : risque significativement plus élevé de pied-bot (OR : 10,4).

Lithium (N=139) : risque significativement plus élevé de coarctation de l’aorte (OR : 33,3).

Le risque de malformations ne différait pas selon l’exposition in utero à l’aripiprazole (Abilify® et Gé.) (N=790) et à l’ olanzapine (Zyprexa® et Gé.) (N=770).

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