Aspirine et cancer : une vaste étude confirme l’effet protecteur des faibles doses

Aude Lecrubier, Nick Mulcahy

Auteurs et déclarations

20 avril 2017

Parmi les cancers, la réduction du risque de mortalité était plus prononcée pour les cancers colorectaux : -31 % pour les femmes et -30 % pour les hommes mais elle était également importante pour les cancers du sein, de la prostate et du poumon.

Baisse de la mortalité par type de cancer

Types de cancer

Baisse mortalité femmes

Baisse mortalité hommes

Tous types

-7 %

-15 %

Cancers colorectaux

-31 %

-30 %

Cancers du sein

-11 %

-

Cancers de la prostate

-

-23 %

Cancers du poumon

-

-14%

Les bénéfices associés à l’aspirine sont apparus dès la consommation de 0,5 à 1,5 comprimés de 325 mg par semaine soit l’équivalent d’une aspirine par jour à faible dose par semaine pendant au moins 6 ans chez les hommes comme chez les femmes.

Rappelons que la dose quotidienne d’aspirine en prévention cardiovasculaire en France se fait à des doses < 100 mg.

Ces données vont dans le sens des récentes recommandations de l’US Preventive Services Task Force (USPSTF) qui préconisent de consommer de faibles doses d’aspirine (81 mg) pendant au moins dix ans chez les adultes de 50 à 69 ans en prévention du risque de cancer colorectal et de maladies cardiovasculaires (voir article Medscape).

Un plaidoyer pour de nouveaux essais

Ces recommandations américaines USPSTF « Aspirine/Risque CV/Cancer colorectal » s’appuient sur des essais cliniques, mais ce type d’essais manque encore pour les autres types de cancer.

En l’état, le caractère observationnel de l’analyse de cohortes de Y Cao et coll. ne permet pas d’établir avec certitude le lien de causalité entre la consommation d’aspirine et le risque de mortalité par cancer (en général).

 
Ce type d’analyses de cohortes peut avoir des biais significatifs.
 

Interrogé par Medscape.com, le Dr Manish Shah (oncologue gastrointestinal, Weill Cornell Medicine et New York-Presbyterian Hospital, New York, Etats-Unis) a précisé : « Ce type d’analyses de cohortes peut avoir des biais significatifs. Une partie de l’effet peut venir du fait que les gens qui consomment régulièrement de l’aspirine pourraient être globalement plus attentifs à leur santé. »

La réalisation de nouveaux essais permettrait de prendre en considération les bénéfices sur les autres cancers (autres que le cancer colorectal) et de les contrebalancer avec les risques potentiels de saignements gastrointestinaux et d’AVC, notamment, a conclu le Dr Cao.

 

L’étude a été financée par le NIH. Le Drs Cao et Shah n’ont pas déclaré de liens d’intérêts en rapport avec le sujet.

 

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