Gestion péri-opératoire du diabétique : résumé des fiches pratiques SFAR/SFD

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

12 avril 2017

Lille, France — La Société Francophone du Diabète (SFD) et la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) ont réalisées conjointement un jeu de fiches pratiques sur « la gestion du patient diabétique en péri-opératoire ».

« Les personnes sont opérées trois fois plus que la population générale », a rappelé le Pr Bogdan Catargi (CHU de Bordeaux) en présentant ce travail au congrès de la Société Francophone du Diabète [1].

Il a souligné plusieurs aspects du travail commun de la SFD et de la SFAR.

Le dépistage préopératoire d’un diabétique méconnu a été « très débattu », a-t-il raconté, les anesthésistes-réanimateurs pouvant considérer qu’il ne leur revenait pas de dépister le diabète.

Ils ont cependant « donné leur accord pour tester les patients à risque ».

Une glycémie à jeun et un dosage de l’HbA1c sont donc réalisés sur la base de signes d’appel :

-syndrome polyuropolydipsique ou amaigrissement,

-syndrome métabolique (HTA + obésité + dyslipidémie),

-antécédents cardiovasculaires,

-traitement pouvant induire un diabète (antipsychotiques, corticoïdes) ou antécédent de diabète induit,

-antécédents d’anomalies glycémiques antérieures (diabète gestationnel).

Conduite à tenir en fonction de la glycémie à jeun et HbA1c

En cas de glycémie à jeun > 1,26 g/L (7 mmol/L) ou d’HbA1c > 6,5 %, le patient est considéré comme diabétique.

En cas de glycémie à jeun comprise entre 1,10 g/L (6 mmol/L) et 1,26 g/L (7 mmol/L), et/ou d’HbA1c comprise entre 5,7% et 6,4%, le risque d’hyperglycémie de stress justifie une surveillance glycémique péri-opératoire.

On note que lorsqu’une HbA1c comprise entre 8 et 9% est découverte, l’avis d’un diabétologue est souhaitable, puisqu’il s’agit souvent « d’une personne qui n’est pas correctement traitée », note le Pr Catargi.

Enfin, une HbA1c < 5% ou > 9% doit faire différer l’intervention.

Arrêter la metformine la veille au soir ; ne jamais arrêter l’insuline chez un DT1

S’agissant des traitements, aucun n’est arrêté en cas de chirurgie ambulatoire.

Pour une chirurgie programmée, mineure ou majeure, on stoppe tous les traitements le matin, exceptée l’insuline chez un diabétique de type 1 (l’insuline ne doit jamais être arrêtée chez un diabétique de type 1).

Une exception : la metformine, qui est stoppée la veille au soir. « La fonction rénale va être chahutée au plan hémodynamique », explique le Pr Catargi.

Enfin, le patient diabétique doit être programmé en première position, surtout s’il s’agit d’une chirurgie ambulatoire.

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