Facteurs pronostiques de l’hépatite alcoolique sévère à 10 ans

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

20 avril 2017

Paris, France En cas d'hépatite alcoolique sévère, le niveau de gravité de l'hépatopathie et la réponse au traitement par corticoïdes sont des déterminants pronostiques reconnus à court terme. « Toutefois, leur influence à long terme a été peu étudiée », a indiqué le Dr Alexandre Louvet (Hôpital Claude Huriez, CHRU Lille), lors de sa présentation durant les Journées francophones d'hépatogastroentérologie et d'oncologie digestive (JFHOD) 2017 [1]. De même, il restait à préciser les effets d'une reprise de la consommation d’alcool.

 
Chez les patients atteints d'une hépatite alcoolique sévère, la reprise de la consommation d'alcool est un facteur pronostique majeur, mais seulement à long terme (au-delà de six mois).
 

Tel était l’objet d’une étude prospective menée pendant 13 ans, entre 2002 et 2015, portant sur 398 patients pris en charge pour une hépatite alcoolique sévère, définie par un score de Maddrey ≥ 32 (score de sévérité calculé selon le taux de bilirubine totale et le temps de Quick).

Un tel score est associé à un risque élevé de décès à court terme.

Les résultats montrent que chez les patients atteints d'une hépatite alcoolique sévère, la reprise de la consommation d'alcool est un facteur pronostique majeur, mais seulement à long terme (au-delà de six mois).

Deux-tiers des patients répondeurs à la corticothérapie

Après le diagnostic d'hépatite alcoolique sévère, confirmé par biopsie, ces patients ont été traités par corticothérapie (40mg/jour). Associés à une baisse de mortalité dans les formes aiguës graves, les corticostéroïdes sont considérés comme le traitement de référence dans cette indication, a rappelé le Dr Louvet.

Les patients étaient âgés en moyenne de 50 ans, avec une majorité d'hommes (57%). Ils consommaient une moyenne de 100 g d'alcool (10 unités) par jour. La plupart présentait une cirrhose décompensée, avec une ascite dans trois-quarts des cas.

A sept jours, deux-tiers (n=238) étaient considérés comme répondeurs au traitement (score de Lille < 0,45).

L’intérêt du modèle de Lille
Etabli en 2007 par le Dr Louvet et son équipe des services d’hépato-gastroentérologie de l’hôpital Claude Huriez (CHRU de Lille), le modèle de Lille permet d'évaluer la réponse thérapeutique à sept jours, après une prise en charge d'une hépatite alcoolique sévère par corticothérapie.

Le score de Lille prend en compte six paramètres: l'âge, le temps de Quick, le taux de bilirubine, l'albumine, la présence ou non d'une insuffisance rénale et l'évolution du taux de bilirubine après sept jours sous corticoïde. Le calcul peut être effectué en passant par le site dédié au modèle de Lille .

Il varie de 0 à 1, le meilleur pronostic étant associé à un seuil inférieur à 0,45. Pour un score supérieur, les patients sont considérés comme non-répondeurs. Leur survie à six mois est évaluée à 25%, contre 85% pour ceux ayant un score sous ce seuil [2].

Au cours du suivi, les données cliniques et biologiques ont été récoltées, tout d'abord à un rythme hebdomadaire, pendant le premier mois, puis chaque trimestre lors de la première année et ensuite tous les six mois.

La consommation d'alcool était déterminée en interrogeant le patient ou par dosage sérique, en cas de discordance avec l'appréciation du praticien. Pour une consommation supérieure à 30 g/ jour, le patient était considéré comme étant en rechute.

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