Marathon : une insuffisance rénale aiguë transitoire juste après la course

Aude Lecrubier, Marcia Frellick

Auteurs et déclarations

11 avril 2017

New Haven, Etats-Unis — Alors que la saison des marathons reprend, une étude réalisée chez 22 coureurs du Marathon d’Hartford (Connecticut, Etats-Unis) en 2015 montre que la plupart des participants ont une insuffisance rénale aiguë transitoire juste après la course [1].

Leurs taux sanguins de créatinine et leurs concentrations urinaires en albumine sont plus élevés après le marathon : 82 % des coureurs ont au moins une insuffisance rénale aiguë de stade 1, c'est-à-dire que leurs reins ne filtrent plus les déchets présents dans le sang. En parallèle, une analyse des urines au microscope montre que 73 % des coureurs ont des sédiments urinaires révélateurs d’une nécrose tubulaire aiguë.

 
Se pose la question des effets à long terme chez les coureurs de marathon réguliers -- Sherry G. Mansour
 

Bien que les marathoniens se soient complètement rétablis en deux jours, pour les auteurs, Sherry G. Mansour et coll. (Yale University School of Medicine, New Haven, Etats-Unis) « se pose la question des effets à long terme chez les coureurs de marathon réguliers, en particulier dans les régions chaudes. »

Ces données ont été publiées dans l’édition en ligne de l’ American Journal of Kidney Disease du 28 mars 2017 [1].

« Le rein répond au stress physique induit par le marathon comme s’il était endommagé. Il répond de la même façon que les patients hospitalisés lorsque leur rein subit des complications médicales ou chirurgicales », a commenté le Dr Chirag R. Parikh, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de presse.

Le protocole

Les participants au marathon étaient âgés de 22 à 63 ans (moyenne d’âge 44 ans), dont 56 % étaient des femmes.

Les prérequis pour participer à la course étaient un indice de masse corporel compris entre 18,5 et 24,9 kg/m² et un entraînement minimum de 15 miles (24 kilomètres) par semaine au cours des trois dernières semaines.

Les critères d’exclusion étaient, entre autre, les blessures importantes imputables à la course au cours des 4 derniers mois, la participation à un autre marathon dans les 4 semaines précédant la course Hartford et l’utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens au cours des deux jours précédents le marathon ou le jour suivant.

Les chercheurs ont collecté des échantillons sanguins et urinaires 24 heures avant le marathon, immédiatement après et 24 heures plus tard. En plus de la créatininémie, des taux sanguins de créatine kinase et de l’albuminurie, les chercheurs ont recherché plusieurs marqueurs urinaires de l’insuffisance rénale aiguë (IL-6 et IL-18) et de la réparation (YKL-40).

Ils ont également utilisé un nouveau biomarqueur urinaire de l’insuffisance rénale aiguë, la lipocaline associée à la gélatinase des neutrophiles (NGAL).

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