Prévention du diabète via le microbiote : éclairage sur un essai en cours

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

13 avril 2017

Quel mode d’action ?

Interrogé sur le mode d’action possible de la protéine Amuc 1100, le Pr     Fontaine a rappelé que certains polysaccharides bactériens pouvaient     supprimer l’effet barrière et ainsi favoriser l’expression de l’inflammation de bas grade et l’insulinorésistance. A l’inverse    Akkermensia muciniphila et en particulier la protéine Amuc 1100     pourraient reconstruire cet effet barrière.

« Akkermensia muciniphila joue un rôle physiologique important     parce qu’elle se nourrit de mucopolysaccharides ce qui entretient les     cellules caliciformes (ou à gobelet) qui sécrètent le mucus. Elle permet     ainsi de maintenir une fonction barrière intestinale correcte via la     sécrétion de mucus », a précisé le Pr Delzenne.

Y-a-t-il des risques à modifier l’écosystème intestinal ?

Interrogé par Medscape édition française sur les risques de déséquilibrer le microbiote intestinal en ajoutant    Akkermensia muciniphila, le Pr Hadjadj a indiqué que « le risque     existe de déréguler le microbiote. C’est pour cela que nous faisons des     recherches. Il n’y a pas de raison que nous ne soyons pas dans les mêmes     questions de bénéfice-risque avec le microbiote qu’avec les médicaments     plus traditionnels. Nous n’en sommes qu’au tout début des recherches et     elles doivent se poursuivre ».

Pour sa part, le Pr Jean-Pierre Riveline (diabétologue à     l’hôpital Lariboisière, Secrétaire général adjoint de la Société     Francophone du Diabète) s’est voulu plus rassurant : « la prescription de     metformine depuis des années n’a pas montré d’événements indésirables     majeurs alors qu’elle modifie le microbiote. C’est un exemple de     modification chronique du microbiote sans catastrophe », a-t-il expliqué.


            Certains traitements antidiabétiques ont un impact sur le             microbiote

           Récemment, il a été montré que certains traitements du diabète         modifiaient le microbiote intestinal. Il se pourrait donc qu’une partie         des bénéfices conférés par les antidiabétiques soient médiés par cette         modification de la composition de la flore bactérienne.

Le traitement par metformine.         En sélectionnant les bonnes bactéries, la metformine favorise         l’accumulation des calories dans les selles. La metformine est notamment associée à une augmentation d’        Akkermansia muciniphila [5].

Le traitement à l’acarbose         (inhibiteur de l’alpha-glucosidase) augmente la production d’acides carboxyliques à chaîne courte, et modifie le microbiote en faveur deRuminococceae de type Faecalibacterium, des        Lactobacillaceae[6]. Ceci présente un intérêt dans         l’amélioration des dysfonctions vasculaires associées au diabète.

            Le traitement associé aux agonistes du récepteur au GLP-1.                 Après 8 semaines de traitement de souris obèses avec le liraglutide, la         composition du microbiote change vers un profil de bactéries associées         à la perte de poids [7].

La chirurgie de l’obésité         est également                     en lien avec des modifications du microbiote.                 Comme le bol alimentaire arrive beaucoup plus vite dans des régions         distales du tube digestif, la chirurgie bariatrique est efficace sur la         perte de poids et elle agit au niveau métabolique ; elle modifie le         microbiote [8].

Le Pr Delzenne n’a pas de liens d’intérêts en rapport avec le sujet.

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