Dysfonction érectile : une étude suggère un effet des inhibiteurs PDE5 en post-IDM

Vincent Bargoin, avec Marlene Busko

Auteurs et déclarations

10 avril 2017

Washington, Etats-Unis —   Présentée sous forme de poster lors ducongrès de l’American College of Cardiology (ACC.17), et publiée dans Heart [1], une étude observationnelle suédoise suggère que la prise d’un inhibiteur de la phosphodiestérase 5 (PDE5) pour dysfonction érectile pourrait améliorer le pronostic après infarctus du myocarde (IDM).

Les résultats rapportés montrent que dans les 3 ans suivant un premier IDM, le risque de décès est réduit de 33%, et le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque (IC) est réduit de 40% chez les hommes à qui un inhibiteur de la PDE5 a été prescrit au moins une fois.

On note que l’effet semble dose-dépendant, qu’il n’est significatif que chez les hommes âgés de 70 à 80 ans, et enfin qu’il n’apparait pas associé à la prise d’alprostadil, également prescrit dans la dysfonction érectile, mais qui est une prostaglandine et non un inhibiteur de la PDE5.

En présentant l’étude en conférence de presse, le Dr Daniel P Andersson (Karolinska Institute, Stockholm) a cependant souligné que « les résultats doivent être interprétés avec prudence ».

Il s’agit d’une étude observationnelle ; les facteurs confondants difficilement ajustables sont nombreux, à commencer par l’effet protecteur d’une vie sexuelle ; enfin en toute hypothèse quant à son bénéfice, la prescription d’un inhibiteur de PDE5 chez un coronarien suppose de toutes façons une évaluation par épreuve d’effort et l’exclusion des dérivés nitrés.

« C’est une étude génératrice d’hypothèses, et non une recommandation claire en faveur d’un inhibiteur de la PDE5 chez tous les patients victimes d’un IDM », a résumé le Dr Andersson dans un entretien avec Medscape International.

Une étude observationnelle

L’analyse a été menée dans une population de plus de 43.000 hommes, âgés de 80 ans au maximum, et hospitalisés en Suède entre 2007 et 2013 pour un premier IDM.

Parmi ces patients, 7% ont reçu au moins une prescription d’un traitement pour dysfonction érectile, un inhibiteur de la PDE5 dans 92% des cas (sildenafil (Viagra®, Pfizer), tadalafil (Cialis®, Lilly), and vardenafil (Levitra®, Bayer/GlaxoSmithKline), ou la prostaglandine injectable alprostadil.

Ces patients étaient plus jeunes que la moyenne de l’effectif (61 vs. 64 ans), présentaient moins de diabète (10 vs. 13%), moins d’IC (0,6 vs. 2,1%), moins d’antécédents d’AVC (3 vs. 6%), et moins de cancer (0,8 vs. 1,3%). Enfin, la prescription de dérivés nitrés était logiquement moins fréquente en présence d’un inhibiteur de la PDE5 (3,5 vs. 5,7%).  

Durant les trois années de suivi post-IDM, la mortalité chez ces patients s’est élevée à 3,7%, et les hospitalisations pour IC, à 1,4%. Parmi les sujets ne prenant pas de traitement de la dysfonction érectile, ces chiffres sont de 12% et 6% respectivement.

Après ajustements pour les comorbidités et les autres prescriptions, la prescription d’un traitement de la dysfonction érectile est associée à un risque relatif de décès toutes causes confondues de 0,67 (IC95% [0,55-0,81]), et un risque d’hospitalisation pour IC de 0,60 ([0,44-0,82]).

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