33% de sur-risque de diabète sous statine chez la femme âgée

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

28 mars 2017

5% des femmes diagnostiquées avec un diabète

Sur un suivi de plus de 10 ans, l’étude montre que 49% des 8372 femmes prenaient une statine, sur une durée moyenne de 6,5 années (+ 3,9), chaque femme pouvant avoir expérimenté plusieurs dosages et plusieurs types de statines sur cette période de temps. Les plus prescrites étant par ordre décroissant : atorvastatine (n = 2228), simvastatine (1653), pravastatine (682), rosavastatine (588) et fluvastatine (44). Il n’a pas été possible de déterminer qui avait arrêté de prendre son traitement mais 37% des femmes n’avaient pas acheté le médicament prescrit sur l’ordonnance dans les 6 mois précédant le décès ou à la fin du suivi, 29% dans les 12 derniers mois.

Résultat principal de l’étude : 383 participantes se sont vues prescrire un nouveau traitement du diabète entre 2003 et 2013, soit 5% des femmes de l’étude prenant des statines. L’analyse statistique montre que le risque de nouveau diabète est corrélé à la prise de statine (hazard ratio : 1,33 ; [IC95% : 1,04-1,70 ; p =0,024], et il faut traiter 131 patients par statine pendant 5 ans pour faire apparaitre 1 nouveau cas de diabète. La corrélation avec la prise de statine est encore plus forte quand on considère, non pas la prescription d’antidiabétiques ou d’insuline, mais la découverte du diabète en lui-même.

Jusqu'à 50% de sur-risque avec les fortes doses

De plus, une analyse en sous-groupe semble indiquer un effet dose réponse entre l’exposition à la statine et l’apparition du diabète (voir tableau 1), sachant qu’au cours du temps, la plupart des femmes progressent vers de plus fortes doses, indique le Dr Mark Jones (Université du Queensland), premier auteur de l’étude [4].

Tableau 1 : Traitement pour le diabète en fonction de la dose de statine (par rapport à l’absence de statine)

Doses de statines

Hazard ratio (HR) (IC95%)

Valeur p

Bas

1,17 (0,84 – 1,65)

0,35

Modéré

1,26 (0,97 – 1,63)

0,077

Elevé

1,46 (1,12 – 1,89)

0,005

Très élevé

1,51 (1,14 – 1,99)

0,004

De façon intéressante, l’association était statistiquement apparente chez les sujets en surpoids (HR 1,41 ; IC95% : 0,96-2,07) et chez les participantes en bonne santé ou en sous-poids (HR 1,49 ; IC95% : 0,98-2,28) mais pas chez les femmes obèses (HR 0,89 ; IC95% : 0,53-1,50). « Un résultat inattendu sans explication évidente » commentent les auteurs.

Avoir eu sa glycémie contrôlée au cours du suivi était corrélé avec le fait de bénéficier d’un traitement anti-diabétique après découverte du diabète mais l’impact de la prise de statine était plus faible chez celles qui avait été dépistées régulièrement par rapport à celles qui n’avaient pas eu de prise de sang régulière.

Enfin, la survenue d’un diabète n’a pas été associée à la prise de 2 autres traitements faisant office de contrôle négatif.

Et quand l’analyse a porté sur la déclaration par les patientes de l’existence d’un diabète (plutôt que sur la prescription d’un traitement antidiabétique), le lien statistique avec la prise de statines a de nouveau été retrouvé.

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