FOURIER : ajouter de l’évolocumab à une statine réduit les évènements vasculaires

Dr Catherine Desmoulins

Auteurs et déclarations

20 mars 2017

Washington, Etats- Unis – C’est fait : la première étude de morbi-mortalité avec un représentant de la nouvelle classe d’hypolipémiant, anti-PCSK9, vient de livrer ses résultats au congrès de l’ American College of Cardiology 2017 [1]. Et, ils sont…positifs. Secret de polichinelle car la firme Amgen qui commercialise l’evolocumab avait déjà annoncé en février que le critère primaire de l’étude été atteint mais les résultats de l’essai FOURIER n’en sont pas moins très instructifs.

L’anticorps anti-protéine convertase subtilisine/ketine type 9 (PCSK9) evolocumab (Repatha®, Amgen), administré en complément d’une statine, abaisse le risque d’événements vasculaires de 15% comparativement aux patients sous statine, après 48 semaines de traitement, soit une différence absolue de 1,5%.

Les résultats de FOURIER sont publiés dans le New England Journal of Medicine[2].

Réduction de 15% des événements vasculaires

Pour le principal investigateur de l’étude, le Dr Marc Sabatine (Brigham and Women’s Hospital and Harward Medical school, Boston) qui présentait les résultats, « ces chiffres de 15% et 1,5% ne sont probablement pas définitifs car le suivi médian n’est que de 2,2 ans. Les courbes des critères primaire et secondaire commencent à diverger à 1 an et la différence se maintient dans le temps. Dans tous les essais avec les statines, nous avons constaté qu’il faut du temps pour que la baisse du LDL cholestérol se traduise en baisse des événements vasculaires. »

 
Une valeur du cholestérol-LDL qui s’approche de celle d’un nouveau-né -- Dr Richard Chazal
 

Dans FOURIER, le LDL cholestérol des participants des groupes actifs à l’issue de l’étude est de 0,30 mg/dL, un chiffre extrêmement bas et qui se maintient. « Une valeur du cholestérol-LDL qui s’approche de celle d’un nouveau-né » a commenté le Dr Richard Chazal (Heart and Vascular Institute for Lee Health System, Fort Myers, Floride), président de l’ACC.

A l’entrée dans l’étude, le LDL médian est de 0,92 mg/dL (baisse de 59%). Il est précisé que l’effet préventif de l’evolocumab est observé quel que soit le niveau de cholestérol à l’inclusion (d’un LDL à 126 mg/dL à LDL à 0,74 mg/dL).

Dans un commentaire à nos confrères de Medscape, le président de l’ACC a dit que « la masse de données considérable que fournit l’essai FOURIER conforte l’hypothèse du bénéfice de la baisse du cholestérol. » C’est aussi l’avis du Dr Steven Nissen (Cleveland Clinic) qui va jusqu’à anticiper une modification des recommandations. Pour lui, c’est la réduction de 20% des événements cliniques du critère secondaire (qui laissent des séquelles) qui témoigne le plus du bénéfice de l’abaissement du cholestérol « jusqu’à des seuils encore jamais atteints ».

Mais est-ce suffisant pour justifier le surcoût conséquent d’un tel traitement ? demande D Brauser de Medscape. Aux Etats-Unis, où l’evolocumab est approuvé depuis 2015, le prix des anti-PCSK9 fait l’objet d’une controverse (14 000 USD/an pour l’evolocumab) ( voir notre article ).

« Je ne peux pas répondre à cette question. Tous les participants du congrès devraient se poser la question du coût tolérable pour obtenir un bénéfice clinique. »

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